Le bilan précis était encore inconnu mercredi, en raison notamment d'un accès restreint à la localité de Togoga touchée par cette frappe, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale Mekele. L'ONU a appelé à une "enquête rapide sur cette attaque" menée au lendemain d'élections nationales en Ethiopie. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer un bilan indépendant et précis. Ni l'armée éthiopienne, ni l'administration intérimaire régionale n'avaient répondu mercredi soir aux sollicitations de l'AFP. Sur des civières ou grimaçant de douleur, bras ou jambes bandés ou le visage brûlé, 25 personnes sont arrivées en début de soirée à l'hôpital de Mekele, rejoignant six autres - dont trois enfants de 2, 3 et 6 ans - évacuées la veille. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué travailler à "faciliter l'évacuation médicale des blessés", dans un communiqué rappelant que "la mission médicale doit être respectée et protégée à tout moment". Selon des témoins, des ambulanciers et des médecins interrogés par l'AFP, des soldats ont empêché durant plus 24 heures les gens d'entrer ou sortir de la zone de Togoga, privant les blessés de soins. L'armée éthiopienne mène depuis novembre, avec l'appui des troupes de la région voisine de l'Amhara et de l'armée érythréenne, une opération militaire au Tigré contre les forces des anciennes autorités régionales. La mère d'une fillette de deux ans blessée au ventre a indiqué que son mari, également blessé, n'avait pu passer un barrage de l'armée : "Nous ne savons pas s'il est vivant ou mort". Un chauffeur d'ambulance racontait également mercredi en début d'après-midi avoir été empêché de rejoindre la zone. "J'ai essayé de partir de Mekele quatre fois aujourd'hui (mercredi) pour aller aider les gens mais les soldats ne nous laissent pas passer", a-t-il déclaré. "Si le blocage des ambulances qui tentent de fournir une assistance médicale aux blessés après le bombardement est confirmé, cela est inacceptable. Une telle pratique constitue une grave violation de la Convention de Genève et du droit international humanitaire", a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Le sous-secrétaire général de l'ONU aux Affaires humanitaires, Ramesh Rajasingham, a appelé les autorités éthiopiennes "à mener une enquête rapide et efficace sur cette attaque et les actes ultérieurs privant les victimes de soins médicaux". En novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour arrêter et désarmer les autorités dissidentes de la région, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Cette opération militaire s'est transformée en un conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les civils (massacres, viols...). Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont en situation de famine, ce que conteste le gouvernement éthiopien. Ces derniers jours, le Tigré a connu un regain d'activité militaire, notamment autour de quelques points stratégiques. Dans la ville d'Adigrat, située sur un carrefour routier à 115 kilomètres au nord de Mekele, un habitant a rapporté que les forces du TPLF étaient brièvement entrées dans la ville mardi après que l'armée éthiopienne l'eut quittée. Quelques heures plus tard, des troupes érythréennes étaient visibles dans les rues. Des tirs d'artillerie étaient également rapportés mercredi soir près de la localité de Wukro, à mi-chemin entre Adigrat et Mekele. (Belga)

Le bilan précis était encore inconnu mercredi, en raison notamment d'un accès restreint à la localité de Togoga touchée par cette frappe, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale régionale Mekele. L'ONU a appelé à une "enquête rapide sur cette attaque" menée au lendemain d'élections nationales en Ethiopie. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer un bilan indépendant et précis. Ni l'armée éthiopienne, ni l'administration intérimaire régionale n'avaient répondu mercredi soir aux sollicitations de l'AFP. Sur des civières ou grimaçant de douleur, bras ou jambes bandés ou le visage brûlé, 25 personnes sont arrivées en début de soirée à l'hôpital de Mekele, rejoignant six autres - dont trois enfants de 2, 3 et 6 ans - évacuées la veille. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué travailler à "faciliter l'évacuation médicale des blessés", dans un communiqué rappelant que "la mission médicale doit être respectée et protégée à tout moment". Selon des témoins, des ambulanciers et des médecins interrogés par l'AFP, des soldats ont empêché durant plus 24 heures les gens d'entrer ou sortir de la zone de Togoga, privant les blessés de soins. L'armée éthiopienne mène depuis novembre, avec l'appui des troupes de la région voisine de l'Amhara et de l'armée érythréenne, une opération militaire au Tigré contre les forces des anciennes autorités régionales. La mère d'une fillette de deux ans blessée au ventre a indiqué que son mari, également blessé, n'avait pu passer un barrage de l'armée : "Nous ne savons pas s'il est vivant ou mort". Un chauffeur d'ambulance racontait également mercredi en début d'après-midi avoir été empêché de rejoindre la zone. "J'ai essayé de partir de Mekele quatre fois aujourd'hui (mercredi) pour aller aider les gens mais les soldats ne nous laissent pas passer", a-t-il déclaré. "Si le blocage des ambulances qui tentent de fournir une assistance médicale aux blessés après le bombardement est confirmé, cela est inacceptable. Une telle pratique constitue une grave violation de la Convention de Genève et du droit international humanitaire", a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Le sous-secrétaire général de l'ONU aux Affaires humanitaires, Ramesh Rajasingham, a appelé les autorités éthiopiennes "à mener une enquête rapide et efficace sur cette attaque et les actes ultérieurs privant les victimes de soins médicaux". En novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour arrêter et désarmer les autorités dissidentes de la région, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Cette opération militaire s'est transformée en un conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les civils (massacres, viols...). Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont en situation de famine, ce que conteste le gouvernement éthiopien. Ces derniers jours, le Tigré a connu un regain d'activité militaire, notamment autour de quelques points stratégiques. Dans la ville d'Adigrat, située sur un carrefour routier à 115 kilomètres au nord de Mekele, un habitant a rapporté que les forces du TPLF étaient brièvement entrées dans la ville mardi après que l'armée éthiopienne l'eut quittée. Quelques heures plus tard, des troupes érythréennes étaient visibles dans les rues. Des tirs d'artillerie étaient également rapportés mercredi soir près de la localité de Wukro, à mi-chemin entre Adigrat et Mekele. (Belga)