La qualité de l'air s'est violemment dégradée cette semaine dans la mégapole de vingt millions d'habitants, poussant un organisme de lutte contre la pollution à qualifier vendredi la situation d'"état d'urgence sanitaire" qui "aura des conséquences sanitaires néfastes sur tous, particulièrement nos enfants". Les décideurs ont ordonné en conséquence la fermeture des écoles et des chantiers jusqu'à mardi. Les pétards sont interdits pour tout l'hiver. Depuis plusieurs jours, une épaisse fumée âcre enveloppe la capitale, en grande partie alimentée par les brûlis agricoles qui battent leur plein dans les régions voisines et déportée par les vents sur la ville, déjà l'une des plus polluées au monde. Chaque année au début de l'hiver, une conjonction de facteurs naturels (froid, vents faibles...) et humains (brûlis agricoles, émissions industrielles et automobiles, feux pour se réchauffer...) transforme New Delhi en "chambre à gaz", une expression fréquemment utilisée par ses dirigeants. À 14h00 locales (9h30 heure belge), l'ambassade américaine à New Delhi enregistrait une concentration de particules fines PM2,5 de 421 microgrammes par mètre cube d'air. L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière. (Belga)