Sus à la Covid-19, le compte à rebours est enclenché. Une vaccination se profile, la fièvre monte, la mobilisation gagne en puissance. Mener avec ordre et méthode une campagne à nulle autre pareille ne sera pas une mince affaire, mieux vaut penser à tout. Et notamment à un suivi scrupuleux du processus de vaccination par un enregistrement massif de données qui soit d'une fiabilité de préférence absolue.
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Sus à la Covid-19, le compte à rebours est enclenché. Une vaccination se profile, la fièvre monte, la mobilisation gagne en puissance. Mener avec ordre et méthode une campagne à nulle autre pareille ne sera pas une mince affaire, mieux vaut penser à tout. Et notamment à un suivi scrupuleux du processus de vaccination par un enregistrement massif de données qui soit d'une fiabilité de préférence absolue. Sinon? "Ce sera le chaos", prévenait le ministre fédéral de la Santé en commission de la Chambre, le 13 novembre. Frank Vandenbroucke (SP.A) n'a pas dû chercher au-delà de la frontière linguistique pour dégoter ce qu'on fait apparemment de mieux sur le marché belge: "En matière d'enregistrement de la vaccination, nous partons du principe que nous possédons en Flandre un bon système, Vaccinnet, et que nous pourrions mettre ce système à la disposition des autres entités." Tope-là, affaire conclue. Non pas que la Fédération Wallonie-Bruxelles soit démunie en la matière, elle possède aussi sa base de données vaccinales, e-vax. Car on est en Belgique, la vaccination est affaire de Communautés et chacune a développé son système de gestion automatisée de commandes, de stocks et de suivi des vaccins administrés. Avec une jolie longueur d'avance pour la version flamande Vaccinnet, entrée en service voici quinze ans, là où son pendant francophone e-vax n'a été lancé qu'en 2014. Et comme on est bien en Belgique, il a fallu délimiter les rayons d'action des deux plateformes connectées avec les acteurs de la santé, surtout accorder leurs violons à Bruxelles, lieu de rencontre Nord-Sud où une synchronisation des données de vaccination s'impose. Mais la parade au coronavirus exige de faire cause commune. Et de refédéraliser en douce ce qui relève de la vaccination. Avantage donc au savoir-faire flamand pour assumer le traçage des futurs vaccinés, qu'ils soient du nord, du centre ou du sud du pays. Que le meilleur gagne, va pour Vaccinnet. "Je ne vois pas en quoi e-vax serait moins performant si ce n'est que le modèle flamand est mieux implanté dans les logiciels médicaux. Le choix sonne un peu comme un camouflet pour la version francophone", relève-t-on tout de même du côté de la branche wallonne du syndicat des médecins, l'Absym. Le penchant avoué de Frank Vandenbroucke chiffonne aussi Kathleen Depoorter, députée fédérale N-VA et pharmacienne de son état. Qui s'en explique au Vif/L'Express: "Que le ministre fédéral de la Santé recommande le Vaccinnet flamand qui est très opérationnel, plutôt que l'e-vax francophone qui n'est pas encore tout à fait au point, ne me surprend pas. Mais cette annonce m'a étonnée: Franck Vandenbroucke semble parfois oublier qu'il gouverne dans un pays fédéral et que commencer par demander l'avis des entités fédérées serait la moindre des choses. Je ne suis pas certaine que les Wallons apprécieront de se voir imposer un système flamand, je crains qu'on ne soulève un problème communautaire alors que d'autres solutions existent comme le dossier pharmaceutique partagé ou le dossier médical global, disponibles à l'échelle du pays." Fausses alarmes, la Fédération Wallonie-Bruxelles se montre beau joueur. Il faut croire que les francophones sont aussi vaccinés contre la susceptibilité.