"Cette première réunion s'est très bien passée, je suis optimiste sur la façon dont vont se dérouler les choses", a déclaré Pablo Iglesias à l'issue d'un entretien avec Pedro Sanchez, dont le Parti socialiste est arrivé en tête des élections législatives du 28 avril mais sans majorité absolue. "Maintenant, il faut de la prudence, de la discrétion et de la tranquillité", a ajouté M. Iglesias lors d'une très brève conférence de presse, sans donner de détails concrets sur la teneur de leurs discussions ou des engagements pris. Podemos souhaiterait faire son entrée dans un gouvernement de coalition avec les socialistes mais ces derniers ne cachent pas leur volonté de gouverner seuls et d'obtenir l'appui de la gauche radicale en négociant avec elle un programme de gouvernement mais sans la laisser entrer au sein de l'exécutif. Le Parti socialiste de Pedro Sanchez dispose de 123 élus à la chambre basse, loin du seuil de majorité absolue (176) et a donc besoin des 42 sièges de Podemos. Mais même avec l'appui de la gauche radicale, il n'atteint pas la majorité et aura donc également besoin de l'appui d'autres partis régionalistes dont, potentiellement, les indépendantistes catalans. Pedro Sanchez a reçu depuis lundi les dirigeants des grands partis espagnols au palais de la Moncloa pour des consultations, sans entamer de négociations officielles en vue d'une investiture. Le libéral Albert Rivera, qu'il a rencontré dans la matinée, lui a promis une "opposition ferme", refusant que les 57 députés de son parti Ciudadanos votent son investiture. La veille, le chef de l'opposition de droite Pablo Casado, du Parti populaire (PP), lui a assuré que ses 66 élus voteraient contre lui. Les négociations en vue d'une investiture ne devraient pas avancer jusqu'au 26 mai, date d'élections européennes, municipales et régionales dans la majeure partie du pays. Les alliances post-électorales ont été l'un des principaux sujets mis en avant par les partis en campagne avant les législatives. (Belga)