"L'UE qui a annoncé de prétendues mesures... ne nous nuit pas à nous mais à elle-même", a affirmé M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Ankara, retransmise à la télévision. "Nous poursuivons nos activités d'exploration et continuerons à le faire avec une détermination inchangée", a ajouté le chef d'Etat. Bruxelles a adopté à la mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages réalisés illégalement par la Turquie dans les eaux territoriales de Chypre malgré ses mises en garde. La mesure la plus lourde est une coupe de 145,8 millions d'euros dans les fonds européens dont devait bénéficier la Turquie en 2020. La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit de Chypre et de la Turquie, déclenchant un conflit entre ces deux Etats. Ankara, qui a déjà envoyé plusieurs navires de forage protégés selon elle par l'armée, estime que les ressources devraient être équitablement divisées entre les deux pays. Chypre rejette catégoriquement cette hypothèse, la jugeant "inacceptable". Chypre est divisée en deux depuis l'invasion du tiers nord de l'île par l'armée turque en 1974 après un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce. La République de Chypre, membre de l'Union européenne, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud de l'île. Au nord se trouve l'autoproclamée République turque de Chypre du Nord (RTCN), parrainée par Ankara et non reconnue par la communauté internationale. (Belga)