Bâtiment D, bâtiments C, A, E... Les lettres défilent, comme les kilomètres sur le site de plus de 75.800 m² dédié aux WorldSkills à Kazan. Il ne faut pas rater Alexandra qui termine ses tartelettes aux fraises, Jonas et Dylan qui travaillent à leur jardin paré d'un mur végétal, Maxime face à une situation d'urgence à la réception d'un hôtel... Skillou l'ours en peluche ne se fatigue, lui, pas d'un poil. Juché sur les épaules d'Antoine Maréchal, un des premiers à avoir bouclé son concours, il ne rate pourtant pas une miette du décompte final d'Alexandra Genin en pâtisserie. La jeune Bruxelloise, qui redoutait l'épreuve mystère du dernier jour, met une dernière main tranquille à ses quatre tartelettes. Tout est prêt quand retentissent les applaudissements. "C'est important d'encourager les autres jusqu'à la fin", sourit Antoine, 22 ans, heureux de sa propre compétition. Drapeau noir-jaune-rouge sur les épaules, Benjamin Nicodème rejoint le petit groupe les épaules basses et le clavier azerty sous le bras. Parmi les cinq ou six compétiteurs du top en Cloud Computing, "tout le monde a réussi l'épreuve du jour donc je ne pense pas que ce lundi changera beaucoup le classement général", explique celui qui vise le podium. Dans la tête de Clément Dernoncourt, ce sont toutes les petites erreurs commises en imprimerie qui défilent. "Représenter le pays, ça met la pression", souffle le Franco-belge formé à l'Institut Saint-Luc de Tournai. "Mais c'est une expérience que je recommande à 100%!" Julien Ramlot (maçonnerie) est, lui, déçu. Ses lettres de briques et de bois pour former le mot "Russia" ne sont pas à la hauteur de ses espérances. "Je n'étais pas dedans, j'ai juste pu un peu me rattraper le dernier jour." Maxime Cabo quitte aussi son desk de réceptionniste la mine assombrie. "Aujourd'hui, je suis plus crevé et moins content qu'hier", indique le médaillé d'argent au championnat européen l'année passée, à Budapest. "Il y a eu une situation exceptionnelle pour laquelle je n'étais pas entraîné. J'ai manqué d'expérience, c'est là qu'on voit la différence avec les EuroSkills." Pour autant, le Hennuyer de 22 ans ne s'inquiète pas des résultats. "Je ne vais pas me stresser car je ne pense pas que je referai ça dans ma vie. Donc maintenant, je vais profiter du moment et aller encourager Kenzo." Le cuisinier au moral d'acier est le dernier des champions belges. À 19h00, il rendra son tablier russe pour l'échanger, espère-t-il, contre une médaille internationale. (Belga)