Adopté en 2013 à l'initiative de son prédécesseur Jean-Claude Marcourt (PS), le décret Paysage a depuis déjà fait l'objet de plusieurs adaptations. Le texte n'en reste pas moins décrié pour plusieurs aspects, notamment pour la charge administrative qu'il génère pour les établissements et l'allongement des formations qu'il a entraîné. Dans l'accord de majorité bouclé début septembre, PS, MR et Ecolo ont convenu d'évaluer le décret Paysage, et au besoin de l'amender.

Interrogée mardi en commission du Parlement par Rodrigue Demeuse (Ecolo) sur la calendrier d'évaluation, Mme Glatigny a répondu que celle-ci débuterait "dans les prochains jours". Seront ainsi consultés les établissements d'enseignement supérieur, l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares), les associations d'étudiants et une série d'experts internationaux, dont la liste n'a pas encore été arrêtée. "Ce décret a déjà donné lieu à de nombreux décrets modificatifs. Il me paraît indispensable de procéder à une évaluation complète, en y associant l'ensemble des acteurs concernés", a commenté la ministre, ajoutant vouloir voir cette révision appliquée à la rentrée 2021.

Pour Valérie Glatigny, il importe à présent de restaurer l'équilibre entre confiance dans la capacité d'autogestion des étudiants et une structure plus claire du processus pédagogique. Devant les députés, la ministre a développé cinq axes de réflexion. Elle entend ainsi clarifier la notion de réussite en redéfinissant le nombre de crédits à valider, mais aussi mieux informer les étudiants sur les conséquences de leurs choix de programme et de report de crédits.

Elle veut aussi simplifier la charge administrative pour les établissements en réduisant le nombre de programmes individualisés, rétablir un parcours pédagogique "cohérent" et travailler sur une meilleure transition entre enseignement obligatoire et supérieur, a-t-elle expliqué. "Il ne s'agit pas de détricoter le décret Paysage qui s'inscrit dans le processus de rapprochement des systèmes d'enseignement supérieur européens, et accorde plus d'autonomie aux étudiants dans la gestion de leur parcours", a assuré la ministre. "Mais il est essentiel de l'amender aussi rapidement que possible parce que certains effets pervers ont été constatés, comme un allongement de la durée des études, une précarisation consécutive des étudiants, une surcharge administrative pour les universités et les hautes écoles ainsi qu'une perte de cohérence du parcours pour les étudiants".