Selon le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), interrogé par De Standaard, l'intérêt pour la langue néerlandaise est croissant dans la capitale : "Il y a dix ans, c'était impensable. Pendant des années, les francophones n'ont pas voulu l'apprendre. Aujourd'hui, ils veulent l'apprendre et sont fiers que leurs enfants le parlent. Aucun parti politique, pas même DéFI, ne sous-estime l'importance du néerlandais. C'est une sacrée révolution", insiste-t-il. Pour lui, cet engouement est une opportunité qu'il veut saisir, main dans la main, avec le futur gouvernement flamand. "Nous ne demandons pas d'argent, mais des enseignants", ajoute-t-il, précisant que certaines écoles n'offrent pas de cours de néerlandais par manque de professeur.

"Prime bruxelloise"

Un problème majeur subsiste : les néerlandophones ne veulent pas enseigner dans la capitale, car les professeurs de l'enseignement francophone sont moins rémunérés que dans l'enseignement flamand. Pour contourner cet aspect, le bourgmestre propose de mettre en place une "prime bruxelloise", un meilleur statut, un système qui a porté ses fruits dans les rangs des policiers.

Bruxelles est également prête à faire des efforts de son côté, c'est d'ailleurs déjà le cas, "mais nous ne pouvons pas le faire seuls. (...) Si le gouvernement flamand n'agit pas, le train risque de passer", met en garde le bourgmestre bruxellois, qui craint que les parents cherchent d'autres solutions et que la langue néerlandaise finisse par être "engloutie par l'anglais".

Une main tendue rare compte tenu des relations entre Bruxelles et la Flandre d'une part, et entre la Flandre et son parti, le PS, d'autre part. "Nous sommes conscients que le PS a une image compliquée en Flandre, mais nous ne sommes pas anti-flamand. Je veux juste donner aux Flamands l'envie de venir à Bruxelles", conclut-il.