Freddy Roosemont était invité mardi à la Chambre afin de s'exprimer sur la problématique de la délivrance des visas humanitaires, dans le contexte de l'enquête ouverte par le parquet d'Anvers impliquant le conseiller communal de Malines Melikan Kucam (N-VA). Ce dernier est soupçonné d'avoir facilité la délivrance de visas humanitaires, compétence discrétionnaire du secrétaire d'Etat à l'Asile et la migration, moyennant d'importantes sommes d'argent.

Devant les députés, Freddy Roosemont a notamment expliqué que le fait de délivrer des visas humanitaires sur base de listes était une pratique qui avait déjà été mise en oeuvre notamment en 1994 lors du génocide au Rwanda ou encore en 2010 lors d'adoptions à la suite du séisme qui a frappé Haïti.

"L'affaire qui nous occupe actuellement est un prolongement des opérations exceptionnelles menées en 2015 pour le sauvetage de Syriens chrétiens d'Alep (244) et dans le Nord de la Syrie (37)", a précisé le directeur général. "Ces personnes ont été sélectionnées par l'église orthodoxe syrienne. A l'époque, le secrétaire d'Etat (Theo Francken (N-VA), ndlr) avait déclaré que la vulnérabilité de ces personnes était le critère déterminant. Il avait également annoncé d'autres opérations de sauvetage similaires, ce qui s'est vérifié."

Une procédure bien précise est alors mise en oeuvre, a expliqué M. Roosemont. Tout d'abord, le cabinet du secrétaire d'Etat transmet une liste de personnes à l'Office des étrangers avec instruction de consulter la Sûreté de l'Etat et l'OCAM. L'Office des étrangers transmet ensuite les résultats de cette consultation. Le cabinet confirme la liste et l'Office des étrangers prend alors contact avec le poste diplomatique compétent afin de prendre rendez-vous avec les personnes concernées et délivrer un visa D.

"Cette procédure n'a suscité aucune opposition jusqu'à récemment", a fait remarquer Freddy Roosemont. Pour l'année 2018, 225 personnes figuraient sur des "listes Melikan", a ajouté le directeur général.

A la question de savoir comment les personnes figuraient sur ces listes, M. Roosemont a renvoyé vers l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken. Le directeur général a toutefois souligné que le taux de reconnaissance des demandes émanant de Syrie était particulièrement élevé depuis des années, en raison de la situation précaire du pays et que les chrétiens éprouvaient des difficultés à rejoindre spontanément Bruxelles.

Freddy Roosemont a par ailleurs affirmé qu'aucune perquisition n'avait eu lieu dans les locaux de l'Office des étrangers. "Il y a eu une réunion le 22 janvier pour discuter des procédures et des modalités concernant toute une série de dossiers. Cela n'avait rien à voir avec une perquisition."

De son côté, le Commissaire Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) Dirk Van den Bulck, également invité, a affirmé que son institution avait été impliquée de manière restreinte dans le processus d'octroi des visas humanitaires en faveur des chrétiens d'Alep, uniquement pour des avis juridiques. Il n'est plus intervenu ensuite.

Theo Francken assiste aux auditions.

"Je considérais que le secrétaire d'État savait ce qu'il faisait"

Le directeur général de l'Office des étrangers Freddy Roosemont a affirmé mardi en réponse aux questions des députés de la commission Intérieur de la Chambre qu'il n'avait jamais interrogé Theo Francken au sujet de l'augmentation du nombre de visas humanitaires octroyés à des Syriens en Belgique. "Je considérais que le secrétaire d'État savait ce qu'il faisait", a-t-il affirmé.

A la question de savoir s'il avait interrogé le secrétaire d'Etat à ce sujet, M. Roosemont a répondu par la négative. "Je n'ai pas encaissé de chèque en blanc", a-t-il indiqué. "Tout le monde était au courant que l'ancien secrétaire d'Etat (Theo Francken N-VA, ndlr) agissait en faveur des chrétiens de Syrie. Je considère que le secrétaire d'État savait ce qu'il faisait."

M. Roosemont a par ailleurs indiqué n'avoir jamais entendu parler de Melikan Kucam avant l'éclatement de l'affaire. "Il existait bien cinq listes (de personnes à qui étaient destinées les visas humanitaires) intitulées 'Melikan', mais pas Melikan Kucam." "Nous, nous recevions les listes mais n'avions pas connaissance de l'identité des intermédiaires."

Le directeur général de l'Office des étrangers a par ailleurs indiqué que la ministre actuellement en charge de l'Asile et de la Migration Maggie De Block, voulait savoir ce que sont devenues les personnes arrivées d'Alep en 2015. "Nous y travaillons, mais ça va prendre plusieurs semaines", a indiqué M. Roosemont, ajoutant avoir également transmis les listes à la police d'Anvers, en charge de l'enquête judiciaire.

Freddy Roosemont a par ailleurs jugé "pas conforme à la réglementation" la distribution de visas humanitaires effectuée par Melikan Kucam à Beyrouth (Liban), telle que révélée par la VRT dans un reportage.

Freddy Roosemont était invité mardi à la Chambre afin de s'exprimer sur la problématique de la délivrance des visas humanitaires, dans le contexte de l'enquête ouverte par le parquet d'Anvers impliquant le conseiller communal de Malines Melikan Kucam (N-VA). Ce dernier est soupçonné d'avoir facilité la délivrance de visas humanitaires, compétence discrétionnaire du secrétaire d'Etat à l'Asile et la migration, moyennant d'importantes sommes d'argent. Devant les députés, Freddy Roosemont a notamment expliqué que le fait de délivrer des visas humanitaires sur base de listes était une pratique qui avait déjà été mise en oeuvre notamment en 1994 lors du génocide au Rwanda ou encore en 2010 lors d'adoptions à la suite du séisme qui a frappé Haïti. "L'affaire qui nous occupe actuellement est un prolongement des opérations exceptionnelles menées en 2015 pour le sauvetage de Syriens chrétiens d'Alep (244) et dans le Nord de la Syrie (37)", a précisé le directeur général. "Ces personnes ont été sélectionnées par l'église orthodoxe syrienne. A l'époque, le secrétaire d'Etat (Theo Francken (N-VA), ndlr) avait déclaré que la vulnérabilité de ces personnes était le critère déterminant. Il avait également annoncé d'autres opérations de sauvetage similaires, ce qui s'est vérifié." Une procédure bien précise est alors mise en oeuvre, a expliqué M. Roosemont. Tout d'abord, le cabinet du secrétaire d'Etat transmet une liste de personnes à l'Office des étrangers avec instruction de consulter la Sûreté de l'Etat et l'OCAM. L'Office des étrangers transmet ensuite les résultats de cette consultation. Le cabinet confirme la liste et l'Office des étrangers prend alors contact avec le poste diplomatique compétent afin de prendre rendez-vous avec les personnes concernées et délivrer un visa D. "Cette procédure n'a suscité aucune opposition jusqu'à récemment", a fait remarquer Freddy Roosemont. Pour l'année 2018, 225 personnes figuraient sur des "listes Melikan", a ajouté le directeur général. A la question de savoir comment les personnes figuraient sur ces listes, M. Roosemont a renvoyé vers l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken. Le directeur général a toutefois souligné que le taux de reconnaissance des demandes émanant de Syrie était particulièrement élevé depuis des années, en raison de la situation précaire du pays et que les chrétiens éprouvaient des difficultés à rejoindre spontanément Bruxelles. Freddy Roosemont a par ailleurs affirmé qu'aucune perquisition n'avait eu lieu dans les locaux de l'Office des étrangers. "Il y a eu une réunion le 22 janvier pour discuter des procédures et des modalités concernant toute une série de dossiers. Cela n'avait rien à voir avec une perquisition." De son côté, le Commissaire Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) Dirk Van den Bulck, également invité, a affirmé que son institution avait été impliquée de manière restreinte dans le processus d'octroi des visas humanitaires en faveur des chrétiens d'Alep, uniquement pour des avis juridiques. Il n'est plus intervenu ensuite. Theo Francken assiste aux auditions.