Cette enquête du parquet national financier (PNF) a été ouverte fin mai pour "association de malfaiteurs" et "blanchiment en bande organisée", selon la source judiciaire. Deux plaintes visant M. Salamé et son riche patrimoine en Europe avaient été déposées en avril à Paris auprès du parquet anticorruption. La première a été déposée mi-avril par la fondation suisse Accountability Now, selon le Monde. La seconde émane de l'ONG Sherpa et du "Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban", constitué par des épargnants spoliés lors de la crise qui frappe le pays depuis 2019. La plainte, consultée par l'AFP, accuse M. Salamé et quatre membres de son entourage - son frère Raja, son fils Nadi, son neveu et une proche collaboratrice à la banque centrale libanaise, Marianne Hoayek - d'avoir constitué frauduleusement un important patrimoine en Europe. Les associations demandent à la justice d'enquêter sur la fuite massive de capitaux libanais depuis le début de la crise, l'acquisition de patrimoine immobilier luxueux en disproportion avec les revenus des personnes visées mais aussi sur la responsabilité des intermédiaires financiers. Selon les plaignants, "le patrimoine global" de Riad Salamé "dépasserait aujourd'hui les 2 milliards de dollars". "Ses avoirs identifiés au Luxembourg atteignaient 94 millions de dollars en 2018", souligne la plainte, qui s'appuie notamment sur les révélations du site libanais Daraj.com et les investigations d'une plateforme, l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP). Des chiffres que M. Riad a contestés, affirmant avoir constitué sa fortune à partir d'héritages et de sa carrière dans la finance. "Une méga-enquête s'ouvre, oecuménique, à dimension européenne", se sont félicités auprès de l'AFP les avocats de Sherpa et du collectif, Me William Bourdon et Amélie Lefebvre. Ces investigations "devraient ouvrir tous les tiroirs de la mafia qui a mis le Liban à genoux" et "vont nécessairement dynamiser la plateforme alert-lebanon.com créée à l'attention des lanceurs d'alerte", espèrent les avocats. Riad Salamé, son frère et Mme Hoayek font déjà l'objet d'une enquête en Suisse. Selon le quotidien Le Temps, les investigations décortiquent plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds opérés par les deux hommes entre le Liban et la Suisse. Le Liban connaît depuis 2019 sa pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990), avec notamment une dégringolade de sa monnaie nationale et des restrictions bancaires interdisant les transferts bancaires à l'étranger. (Belga)

Cette enquête du parquet national financier (PNF) a été ouverte fin mai pour "association de malfaiteurs" et "blanchiment en bande organisée", selon la source judiciaire. Deux plaintes visant M. Salamé et son riche patrimoine en Europe avaient été déposées en avril à Paris auprès du parquet anticorruption. La première a été déposée mi-avril par la fondation suisse Accountability Now, selon le Monde. La seconde émane de l'ONG Sherpa et du "Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban", constitué par des épargnants spoliés lors de la crise qui frappe le pays depuis 2019. La plainte, consultée par l'AFP, accuse M. Salamé et quatre membres de son entourage - son frère Raja, son fils Nadi, son neveu et une proche collaboratrice à la banque centrale libanaise, Marianne Hoayek - d'avoir constitué frauduleusement un important patrimoine en Europe. Les associations demandent à la justice d'enquêter sur la fuite massive de capitaux libanais depuis le début de la crise, l'acquisition de patrimoine immobilier luxueux en disproportion avec les revenus des personnes visées mais aussi sur la responsabilité des intermédiaires financiers. Selon les plaignants, "le patrimoine global" de Riad Salamé "dépasserait aujourd'hui les 2 milliards de dollars". "Ses avoirs identifiés au Luxembourg atteignaient 94 millions de dollars en 2018", souligne la plainte, qui s'appuie notamment sur les révélations du site libanais Daraj.com et les investigations d'une plateforme, l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP). Des chiffres que M. Riad a contestés, affirmant avoir constitué sa fortune à partir d'héritages et de sa carrière dans la finance. "Une méga-enquête s'ouvre, oecuménique, à dimension européenne", se sont félicités auprès de l'AFP les avocats de Sherpa et du collectif, Me William Bourdon et Amélie Lefebvre. Ces investigations "devraient ouvrir tous les tiroirs de la mafia qui a mis le Liban à genoux" et "vont nécessairement dynamiser la plateforme alert-lebanon.com créée à l'attention des lanceurs d'alerte", espèrent les avocats. Riad Salamé, son frère et Mme Hoayek font déjà l'objet d'une enquête en Suisse. Selon le quotidien Le Temps, les investigations décortiquent plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds opérés par les deux hommes entre le Liban et la Suisse. Le Liban connaît depuis 2019 sa pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990), avec notamment une dégringolade de sa monnaie nationale et des restrictions bancaires interdisant les transferts bancaires à l'étranger. (Belga)