La meilleure défense, c'est l'attaque. Après la mise en demeure adressée à Publifin, le 20 novembre dernier, par Valérie De Bue (MR), ministre des Pouvoirs locaux, Muriel Targnion (PS), alors future présidente de l'intercommunale, lui a répondu, le 3 décembre, dans un courrier à l'en-tête de la Ville de Verviers dont elle est la bourgmestre. Elle y revendique le droit des actionnaires de définir eux-mêmes le périmètre des activités de l'intercommunale en l'absence de " décision coercitive ". Un processus nécessitant de la discrétion, plaide-t-elle, afin de " préserver les intérêts de l'intercommunale et des différentes...

La meilleure défense, c'est l'attaque. Après la mise en demeure adressée à Publifin, le 20 novembre dernier, par Valérie De Bue (MR), ministre des Pouvoirs locaux, Muriel Targnion (PS), alors future présidente de l'intercommunale, lui a répondu, le 3 décembre, dans un courrier à l'en-tête de la Ville de Verviers dont elle est la bourgmestre. Elle y revendique le droit des actionnaires de définir eux-mêmes le périmètre des activités de l'intercommunale en l'absence de " décision coercitive ". Un processus nécessitant de la discrétion, plaide-t-elle, afin de " préserver les intérêts de l'intercommunale et des différentes sociétés du groupe et, par-delà, les intérêts des communes et de la province associées ". Dans sa mise en demeure interprétée à juste titre comme un " avertissement motivé " (pour les initiés, encore une missive de ce genre et c'est l'envoi d'un commissaire spécial du gouvernement), la ministre De Bue invitait aussi Publifin à faire prévaloir " l'impératif de probité et de parfaite indépendance notamment vis-à-vis du management des filiales de l'intercommunale ". Muriel Targnion juge ce doute sur la probité des instances " d'une exceptionnelle gravité " et réclame des explications. Valérie De Bue s'inquiétait aussi de l'application de " tous les prescrits du décret du 29 mars 2018 " relatifs au management. Décodage : en 2018, Publifin n'a pas renseigné les bonnes personnes aux " fonctions dirigeantes locales " de quelques filiales comme Voo, Elicio et Win (lire sur levif.be notre article du 17 décembre dernier : " 2017 : les vrais-faux dirigeants de Nethys "). Muriel Targnion défend le gentlemen's agreement négocié à l'époque entre le cabinet de la ministre et sa prédécesseure, Stéphanie De Simone : " Le Groupe compte en son sein plus ou moins 170 indépendants qui constituent la colonne vertébrale de l'activité économique concurrentielle, argumente-t-elle. Lorsque des personnes sont liées aux sociétés par des contrats d'entreprise, elles ne sont évidemment ni membres du personnel statutaire, ni membres du personnel contractuel de l'entreprise et ne sont donc pas soumises aux dispositions qui concernent les titulaires de telles fonctions. " Selon cette interprétation, le décret " gouvernance " ne s'appliquerait pas aux free-lance de Nethys. Pour terminer, la présidente Targnion assure qu'avec " un esprit constructif et positif ", des solutions peuvent être trouvées. Il faut toutefois se reporter au début de son courrier pour deviner un esprit moins amène, quand elle réclame " la copie de tous documents, notes, rapports, informations, opinions, factures " des deux délégués spéciaux qui ont observé Publifin pendant six mois pour le compte du gouvernement wallon. On devine les avocats à l'affût du moindre faux pas. " J'étais pressentie comme présidente et nous avions reçu une mise en demeure en tant qu'administrateurs de Publifin, justifie la bourgmestre de Verviers. J'ai rencontré la ministre des Pouvoirs locaux le 11 décembre dernier. Elle m'a remis le rapport des délégués spéciaux, mais pas le reste, et je n'ai toujours pas de réponse écrite à mon courrier. "