"La Turquie a décidé d'aggraver la situation", a affirmé Mme De Pauw, en marge de la présentation d'un reportage de la journaliste Anelise Borges (Euronews) dans les camps du Kurdistan syrien sur "les enfants européens de Daesh". Elle rappelle que le gouvernement belge a décidé fin 2017 d'aider au rapatriement des enfants de moins de 10 ans dès lors qu'une demande est formulée par un membre de la famille resté en Belgique, et d'examiner la situation au cas par cas pour les enfants de plus de 10 ans. "Tous les enfants belges localisés dans les camps - 69 actuellement - ont moins de 10 ans, la plupart moins de 3 ans. La Belgique doit faire ce qu'elle a dit! ", exhorte Heidi De Pauw. Les autorités sur place refusent de laisser partir des enfants sans leur mère. "Si c'est une condition sine qua non des acteurs de terrain, alors la Belgique doit prendre ses responsabilités" en rapatriant mère et enfant. Le gouvernement, lui, justifie son incapacité à agir par la conjonction de cette impossibilité à séparer mère et enfants avec sa volonté de faire juger les adultes dans la région, une volonté partagée par d'autres pays de l'UE confrontés à cette problématique. Pour l'eurodéputée Hilde Vautmans (Open Vld, Renew Europe), qui organisait l'événement en tant que co-présidente de l'intergroupe du Parlement européen sur les droits de l'enfant, il n'y a dès lors pas d'autre solution que de créer des corridors humanitaires pour aller proposer aux mères qui le souhaiteraient de confier leur enfant afin qu'ils soient emmenés en Europe, tandis qu'elles-mêmes resteraient sur place. Interrogée à ce propos, Mme De Pauw a fait observer que Child Focus n'avait pas de mandat pour le retour des mères. "D'abord les enfants", a-t-elle affirmé. (Belga)