Pour la première fois dans le pays, quatre transgenres ont fait leur entrée dans l'hémicycle à l'issue des législatives de mars. Un seul a été opéré mais au final, ils sont autorisés à débattre en jupe ou pantalon, selon leur sexe d'adoption. Mercredi, ils ont voté, aux côtés de 745 parlementaires pour choisir le futur Premier ministre. Leur candidat, le patron de Future Forward, le parti d'opposition sous l'étiquette duquel ils concouraient, a perdu la bataille face au chef de la junte, Prayut Chan-O-Cha. Malgré cela, "je ne suis pas là pour faire de la figuration, je veux écrire une nouvelle page de l'histoire" de la Thaïlande, assure Tanwarin Sukkhapisit, 45 ans, symbole d'une nouvelle génération de politiques, dont plusieurs parlementaires gay, à avoir émergé lors de ce scrutin. "Quand je suis arrivée habillée en femme au Parlement, cela a créé des débats parfois virulents sur les réseaux sociaux. C'est ce que je veux car je veux voir une vraie démocratie émerger dans mon pays", assure-t-elle. Par rapport à de nombreux pays, la Thaïlande s'est bâtie une réputation de tolérance à l'égard de la diversité sexuelle et les transgenres jouissent d'une grande notoriété dans le royaume. Ils apparaissent dans des publicités, des films, à la Une de magazines de mode et ont même leur concours de beauté, Miss Tiffany, visionné chaque année par des millions de téléspectateurs. Mais, cette apparente intégration cache une réalité plus sombre. "Ils sont régulièrement victimes de discriminations dans leur emploi, ce qui oblige bon nombre d'entre eux à se lancer dans des professions faiblement rémunérées", note Kyle Knight, spécialiste des questions LGBT pour Human Rights Watch. (Belga)