Pour étayer leurs propos, les humanistes ont choisi cinq exemples (un petit cafetier; un cafetier moyen; une grosse brasserie; un forain et une agence de voyage) et ont comparé l'ensemble des aides qu'ils auraient reçues des deux côtés de la frontière linguistique. Et pour le cdH, le bilan est sans appel: la Flandre a bien été plus généreuse malgré les déclarations du ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke. Début mars, ce dernier avait assuré que, comparativement à son nombre d'habitants, les dépenses Covid wallonnes étaient plus élevées qu'au nord du pays. Le ministre wallon de l'Economie Willy Borsus avait, quant à lui, affirmé que le système d'aides wallon, basé sur le nombre d'employés, ne désavantageait pas les petits établissements. Or, selon les calculs du cdH, un petit cafetier employant un seul équivalent temps plein (ETP) et ayant subi une perte de chiffre d'affaires de 40% sur un total de 190.000 euros, percevrait 5.825 euros d'aides en plus en Flandre qu'en Wallonie (22.325 euros au nord du pays contre 16.500 en Wallonie, soit une différence de 35%). Pour un cafetier moyen (2 ETP pour un chiffre d'affaires annuel de 450.000 euros), la différence grimperait à 39,5% et dépasserait les 97% pour la brasserie (20 ETP et 4,5 millions de chiffre d'affaires annuel). Quant au forain, il percevrait une aide de 31.200 euros en Flandre et de 28.750 euros en Wallonie (+8,5% en faveur de la Flandre). Enfin, toujours selon les calculs humanistes, une agence de voyage employant 25 salariés pour un chiffre d'affaires de 12,5 millions annuel recevrait 27 fois plus d'aides au nord qu'au sud du pays. "A l'échelle micro-économique, les chiffres montrent bien que les entreprises flamandes sont davantage aidées et c'est aussi ce que disent les indépendants wallons qui manifestent leur colère ces derniers jours", résume François Desquesnes. "La Wallonie fait trop peu, trop tard et trop complexe", poursuit-il. "Trop peu car on voit que plus les entreprises ont une activité importante, plus le différentiel se creuse, toujours aux détriments des Wallons alors que ce sont les mêmes impôts qui sont payés", détaille le chef de groupe des humanistes. "Le gouvernement a par ailleurs opté pour une série de mécanismes qui se succèdent, au lieu d'une approche générale, et il fonctionne toujours avec des codes NACE, au risque que certains secteurs impactés ne puissent pas bénéficier des aides promises", poursuit-il. "Nous plaidons au contraire pour une approche générale et automatique, avec des aides à toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires a largement diminué à la suite de la pandémie et une compensation pour les frais fixes", indique enfin François Desquesnes, qui interrogera le ministre Borsus sur le sujet, mardi, en commission Economie du parlement régional. (Belga)

Pour étayer leurs propos, les humanistes ont choisi cinq exemples (un petit cafetier; un cafetier moyen; une grosse brasserie; un forain et une agence de voyage) et ont comparé l'ensemble des aides qu'ils auraient reçues des deux côtés de la frontière linguistique. Et pour le cdH, le bilan est sans appel: la Flandre a bien été plus généreuse malgré les déclarations du ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke. Début mars, ce dernier avait assuré que, comparativement à son nombre d'habitants, les dépenses Covid wallonnes étaient plus élevées qu'au nord du pays. Le ministre wallon de l'Economie Willy Borsus avait, quant à lui, affirmé que le système d'aides wallon, basé sur le nombre d'employés, ne désavantageait pas les petits établissements. Or, selon les calculs du cdH, un petit cafetier employant un seul équivalent temps plein (ETP) et ayant subi une perte de chiffre d'affaires de 40% sur un total de 190.000 euros, percevrait 5.825 euros d'aides en plus en Flandre qu'en Wallonie (22.325 euros au nord du pays contre 16.500 en Wallonie, soit une différence de 35%). Pour un cafetier moyen (2 ETP pour un chiffre d'affaires annuel de 450.000 euros), la différence grimperait à 39,5% et dépasserait les 97% pour la brasserie (20 ETP et 4,5 millions de chiffre d'affaires annuel). Quant au forain, il percevrait une aide de 31.200 euros en Flandre et de 28.750 euros en Wallonie (+8,5% en faveur de la Flandre). Enfin, toujours selon les calculs humanistes, une agence de voyage employant 25 salariés pour un chiffre d'affaires de 12,5 millions annuel recevrait 27 fois plus d'aides au nord qu'au sud du pays. "A l'échelle micro-économique, les chiffres montrent bien que les entreprises flamandes sont davantage aidées et c'est aussi ce que disent les indépendants wallons qui manifestent leur colère ces derniers jours", résume François Desquesnes. "La Wallonie fait trop peu, trop tard et trop complexe", poursuit-il. "Trop peu car on voit que plus les entreprises ont une activité importante, plus le différentiel se creuse, toujours aux détriments des Wallons alors que ce sont les mêmes impôts qui sont payés", détaille le chef de groupe des humanistes. "Le gouvernement a par ailleurs opté pour une série de mécanismes qui se succèdent, au lieu d'une approche générale, et il fonctionne toujours avec des codes NACE, au risque que certains secteurs impactés ne puissent pas bénéficier des aides promises", poursuit-il. "Nous plaidons au contraire pour une approche générale et automatique, avec des aides à toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires a largement diminué à la suite de la pandémie et une compensation pour les frais fixes", indique enfin François Desquesnes, qui interrogera le ministre Borsus sur le sujet, mardi, en commission Economie du parlement régional. (Belga)