La pension à points qui a été source de nombreux débats ne reviendra pas sur la table cette législature. C'était dans l'air depuis des mois, mais cela a été confirmé ce week-end par le ministre fédéral des pensions, Daniel Bacquelaine dans une interview à Sudpresse. Un coup dur pour le gouvernement actuel de Charles Michel, qui en avait fait, avec le relèvement de la pension à 67 ans, un des points centraux, de son programme de réforme des pensions.
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La pension à points qui a été source de nombreux débats ne reviendra pas sur la table cette législature. C'était dans l'air depuis des mois, mais cela a été confirmé ce week-end par le ministre fédéral des pensions, Daniel Bacquelaine dans une interview à Sudpresse. Un coup dur pour le gouvernement actuel de Charles Michel, qui en avait fait, avec le relèvement de la pension à 67 ans, un des points centraux, de son programme de réforme des pensions.En quoi consiste le régime de la pension à mi-temps? Concrètement, cela signifie qu'une personne qui a atteint l'âge légal pour prétendre à une pension anticipée aura une option supplémentaire qui s'offrira à lui: continuer à travailler à mi-temps pour la moitié de son salaire et à côté de cela, toucher la moitié de sa pension. Pour la plupart des travailleurs en Belgique, le régime peut être envisageable à partir de 63 ans. Les personnes qui ont commencé à travailler à 16 ans pourront en profiter à partir de 60 ans. "De nombreuses personnes qui ont atteint l'âge d'une pension anticipée la prenne souvent un peu à contre-coeur. Elles aimeraient en effet pouvoir encore un peu travailler, mais pas à temps plein. Nous pensons que cette nouvelle mesure encouragera plus de personnes à rester actives", déclare dans les colonnes du Morgen le porte-parole du ministre Bacquelaine.La flexibilité du système restera toutefois limitée. Il s'agit bien d'une pension à mi-temps et non à temps partiel. Dans un régime de 40 heures semaine, cela représente donc 20 heures de travail, et 20 heures de pension. Le ministre parle d'une situation avantageuse pour les travailleurs: "Quand ils prendront leur pension complète et définitive, à ce moment-là ils auront une pension plus élevée que s'ils étaient partis simplement à la pension anticipée." La situation se relève gagnante aussi pour l'employeur : "C'est une situation win-win. L'employeur est délesté de la moitié d'une lourde charge salariale, mais garde l'expérience qu'un travailleur plus âgé peut faire passer à ses jeunes collègues", ajoute Bacquelaine. La pension à mi-temps viendrait supplanter les régimes actuels de fin de carrière comme le crédit-temps à partir de 55 ans. Avec une différence: dans le nouveau système, chaque année prestée comptera pour une demi. Cela permet au travailleur de lever le pied progressivement mais avec au final une pension plus élevée. "Avec un crédit-temps à mi-temps, l'allocation de l'ONEM est de 498 euros. Pour de nombreux travailleurs, une demi-pension sera plus élevée." Selon Vincent Van Quickenborne (Open Vld), la pension à mi-temps est surtout intéressante pour les indépendants qui ne peuvent pas profiter actuellement du régime des crédits-temps. Cependant, les textes de loi pour les indépendants ne sont pas encore finalisés. "La proposition qui sera présentée en octobre au parlement ne concerne que les travailleurs du secteur privé et les fonctionnaires. Concernant les indépendants, il doit encore y avoir des négociations", précise le porte-parole de Bacquelaine.Selon Marie-Hélène Ska, Secrétaire générale de la CSC citée par De Morgen, la mesure ne pourra profiter qu'à un nombre restreint de travailleurs. "Il n'y a pas beaucoup de femmes qui à leur 63 ans peuvent prétendre à 42 années de service. Cela semble plutôt être une manière de dévier l'attention sur le débat plus important relatif aux métiers lourds", argumente-t-elle. Le ministre Bacquelaine compte déposer les textes pour sa proposition de pension à mi-temps début octobre au Conseil des ministres qui bénéficient déjà d'un accord de principe à ce sujet. Il table sur un vote avant la fin de législature pour permettre une entrée en vigueur au plus tard en janvier 2020. Si l'opposition ne fait pas obstruction, "cela pourrait même aller plus vite, avec une entrée en vigueur en juillet 2019", envisage le ministre fédéral.