Le parquet de Milan enquête actuellement sur une rencontre en octobre à Moscou où un proche de M. Salvini, Gianluca Savoini, et deux autres Italiens sont soupçonnés d'avoir discuté avec trois Russes non identifiés de la manière de dérouter vers la Ligue de M. Salvini (extrême droite) des dizaines de millions de dollars provenant du pétrole russe. Même si M. Salvini répète que son parti n'a jamais touché "un rouble" de Moscou et qu'il délivre ses louanges du président russe Vladimir Poutine "gratis", l'affaire, apparue dans la presse en février, empoisonne le gouvernement depuis que le site américain Buzzfeed a assuré début juillet détenir un enregistrement audio. Après avoir demandé en vain à M. Salvini de s'expliquer devant le Parlement, M. Conte s'est rendu seul mercredi après-midi devant les sénateurs, dans une ambiance électrique. Sans même pouvoir compter sur ses alliés du M5S, qui avaient déserté l'hémicycle en répétant que c'était à M. Salvini de venir. Ce dernier avait convoqué à la même heure un conseil de sécurité nationale: "Pendant qu'au Sénat, certains chercheront des roubles qui n'existent pas, nous serons au ministère à travailler pour protéger nos frontières", a-t-il expliqué à la mi-journée. M. Conte n'a pas réellement répondu aux questions des sénateurs -- par exemple sur les contacts russes de M. Salvini ou sur un dîner de ce dernier avec M. Savoini la veille de la rencontre d'octobre -- expliquant n'avoir "pas reçu d'information du ministre compétent". "En l'état actuel de l'enquête, il n'y a pas d'élément qui puisse peser sur la confiance que je nourris envers les membres du gouvernement", a-t-il assuré, en relevant aussi qu'aucun d'eux ne s'était éloigné de la ligne établie "collégialement" vis-à-vis de la Russie. Alors que l'opposition se déchaînait contre le refus de M. Salvini de répondre lui-même et raillaient l'absence de soutien de la majorité, Massimiliano Romeo, sénateur de la Ligue, a réclamé une commission d'enquête sur le financement de tous les partis, assurant que d'autres avaient bien plus à cacher que le sien. (Belga)