Depuis quelques jours, les libéraux francophones multiplient les coups bas contre le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Au mépris de toute solidarité gouvernementale, le MR jette en pâture à l'opinion un socialiste flamand qu'ils caricaturent en ultra-rigoriste, aimant faire mal aux citoyens, un triste sire insensible au chagrin des Belges confrontés aux ravages - humains, psychologiques, économiques... - de la pandémie. Cette caricature est choquante, mensongère, ravageuse.

Le coup de latte de Wilmès

La charge contre Frank Vandenbroucke est choquante, par sa violence. Car, bien sûr, elle est violente, cette sortie de l'ex-première ministre, Sophie Wilmès, quelques heures après la décision du comité de concertation de ce vendredi 27 novembre, privilégiant une approche prudente, notamment pour la "bulle" de Noël. "Je garde l'espoir que la situation sanitaire nous permettra de réenvisager les choses", a déclaré SophieWilmès. Un premier coup de latte sur les doigts de Frank Vandenbroucke, qui venait de détailler des mesures sanitaires valables au moins jusqu'en janvier. Sophie Wilmès a donné le ton, vite relayée par ses camarades Georges-Louis Bouchez, Denis Ducarme, Marie-Christine Marghem and Co, prompts à s'emparer d'une petite phrase un tantinet maladroite du Ministre de la Santé pour le clouer au pilori.

Vandenbroucke a tiré les leçons du passé

La charge contre Frank Vandenbroucke est mensongère. Le ministre de la Santé n'est pas ce taliban - il paraît que c'est son surnom dans certains cénacles libéraux - qui devrait être mis au pas parce trop peu humain face à la douleur du peuple confiné. Simplement, Vandenbroucke a tiré les leçons du précédent déconfinement, décidé beaucoup trop tôt, beaucoup trop vite, un peu partout en Europe, avec les conséquences que l'on sait et une funeste seconde vague, qui n'est toujours pas maîtrisée. Simplement Frank Vandenbroucke, contrairement à quelques têtes pensantes du MR, n'est pas en campagne électorale permanente. Sa réélection en 2024, il n'y pense pas, de toute façon, il ne sera pas candidat. Alors il parle vrai, quitte à horripiler celles et ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs réveillons de Noël et de nouvel an.

Des jeux enfantins

La charge contre Frank Vandenbroucke est ravageuse. Elle donne l'image d'un gouvernement divisé, transformé en cour de récréation par les jeux enfantins de quelques leaders que l'on qualifierait de "populistes" si l'étiquette n'était pas tellement galvaudée. La simple décence voudrait que les ministres et élus des partis de la majorité soutiennent le gouvernement à peine mis sur les rails. Au contraire, celui-ci est fragilisé par les peaux de bananes lancées sous les pas du tandem Vandenbroucke-De Croo. C'est le pire des signaux qui est lancé par une partie de la classe politique à des citoyens de plus en plus déboussolés.

A chacun son bouc émissaire ?

Mais quelle mouche a piqué le MR ? Jusque quand ce parti va-t-il multiplier les saillies fort peu décentes contre Frank Vandenbroucke ? Pas simple de répondre à cette question. Car en se donnant un nouvel os à ronger, le MR a refait son unité. Oubliés les bisbrouilles et les psychodrames qui ont animé la maison bleue au cours des derniers mois de la présidence Bouchez. Tous unis contre le méchant Vandenbroucke. A chacun son bouc émissaire. Pour le PTB, ce sont les "millionnaires". Pour le MR, c'est Frank Vandenbroucke. C'est facile. Tactiquement, c'est bien joué. Mais ce n'est pas digne d'un grand parti de gouvernement comme le MR.

Non aux slogans faciles

En flinguant Frank Vandenbroucke, le MR joue avec le feu. Il décrédibilise encore un peu plus la parole politique. Dans le contexte actuel, c'est suicidaire. Il n'existe pas un problème Vandenbroucke au sein du gouvernement fédéral. Il existe un problème MR. Ce parti doit retrouver un minimum de sérénité et tourner le dos aux slogans faciles.

Depuis quelques jours, les libéraux francophones multiplient les coups bas contre le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Au mépris de toute solidarité gouvernementale, le MR jette en pâture à l'opinion un socialiste flamand qu'ils caricaturent en ultra-rigoriste, aimant faire mal aux citoyens, un triste sire insensible au chagrin des Belges confrontés aux ravages - humains, psychologiques, économiques... - de la pandémie. Cette caricature est choquante, mensongère, ravageuse.Le coup de latte de Wilmès La charge contre Frank Vandenbroucke est choquante, par sa violence. Car, bien sûr, elle est violente, cette sortie de l'ex-première ministre, Sophie Wilmès, quelques heures après la décision du comité de concertation de ce vendredi 27 novembre, privilégiant une approche prudente, notamment pour la "bulle" de Noël. "Je garde l'espoir que la situation sanitaire nous permettra de réenvisager les choses", a déclaré SophieWilmès. Un premier coup de latte sur les doigts de Frank Vandenbroucke, qui venait de détailler des mesures sanitaires valables au moins jusqu'en janvier. Sophie Wilmès a donné le ton, vite relayée par ses camarades Georges-Louis Bouchez, Denis Ducarme, Marie-Christine Marghem and Co, prompts à s'emparer d'une petite phrase un tantinet maladroite du Ministre de la Santé pour le clouer au pilori.Vandenbroucke a tiré les leçons du passéLa charge contre Frank Vandenbroucke est mensongère. Le ministre de la Santé n'est pas ce taliban - il paraît que c'est son surnom dans certains cénacles libéraux - qui devrait être mis au pas parce trop peu humain face à la douleur du peuple confiné. Simplement, Vandenbroucke a tiré les leçons du précédent déconfinement, décidé beaucoup trop tôt, beaucoup trop vite, un peu partout en Europe, avec les conséquences que l'on sait et une funeste seconde vague, qui n'est toujours pas maîtrisée. Simplement Frank Vandenbroucke, contrairement à quelques têtes pensantes du MR, n'est pas en campagne électorale permanente. Sa réélection en 2024, il n'y pense pas, de toute façon, il ne sera pas candidat. Alors il parle vrai, quitte à horripiler celles et ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs réveillons de Noël et de nouvel an.Des jeux enfantinsLa charge contre Frank Vandenbroucke est ravageuse. Elle donne l'image d'un gouvernement divisé, transformé en cour de récréation par les jeux enfantins de quelques leaders que l'on qualifierait de "populistes" si l'étiquette n'était pas tellement galvaudée. La simple décence voudrait que les ministres et élus des partis de la majorité soutiennent le gouvernement à peine mis sur les rails. Au contraire, celui-ci est fragilisé par les peaux de bananes lancées sous les pas du tandem Vandenbroucke-De Croo. C'est le pire des signaux qui est lancé par une partie de la classe politique à des citoyens de plus en plus déboussolés.A chacun son bouc émissaire ?Mais quelle mouche a piqué le MR ? Jusque quand ce parti va-t-il multiplier les saillies fort peu décentes contre Frank Vandenbroucke ? Pas simple de répondre à cette question. Car en se donnant un nouvel os à ronger, le MR a refait son unité. Oubliés les bisbrouilles et les psychodrames qui ont animé la maison bleue au cours des derniers mois de la présidence Bouchez. Tous unis contre le méchant Vandenbroucke. A chacun son bouc émissaire. Pour le PTB, ce sont les "millionnaires". Pour le MR, c'est Frank Vandenbroucke. C'est facile. Tactiquement, c'est bien joué. Mais ce n'est pas digne d'un grand parti de gouvernement comme le MR.Non aux slogans facilesEn flinguant Frank Vandenbroucke, le MR joue avec le feu. Il décrédibilise encore un peu plus la parole politique. Dans le contexte actuel, c'est suicidaire. Il n'existe pas un problème Vandenbroucke au sein du gouvernement fédéral. Il existe un problème MR. Ce parti doit retrouver un minimum de sérénité et tourner le dos aux slogans faciles.