Le poids de cette dette par rapport aux recettes annuelles de la Fédération ne cesse lui non plus de s'alourdir. Fin 2017, elle représentait 60,3% des recettes de l'entité. Fin 2018, ce ratio était passé à 61,3%.

En termes nominaux, la dette de la Fédération a plus que doublé (+ 134%) en une décennie, passant de 2,888 à 6,768 milliards d'euros entre 2008 et 2018, selon ce rapport.

Mais grâce à la chute historique des taux d'emprunt enregistrée ces dernières année, le service de cette dette croissante coûte paradoxalement moins cher à la Fédération.

En en effet, en 2018, la charge d'emprunts ne pesait que 1,5% des recettes de l'entité, contre 1,7% en 2017, et près de 2% il y a cinq ans encore.

L'administration qui gère la dette de la Fédération a aussi profité de cette fonte des taux pour reprofiler celle-ci en profondeur.

Si le taux moyen de ces emprunts est passé de 4,5% en 2008 à 2,26% en 2018, leur maturité a, elle aussi, réajustée: d'une durée moyenne de 6 ans en 2008, elle est passée à 11,5 ans en 2018. Une évolution qui pousse l'administration à dire que "la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelels est non seulement peu onéreuse, mais surtout peu risquée à la fois en termes de taux et en termes de refinancement".

Même s'il coûte peu en intérêts, l'endettement de la Fédération ne devrait toutefois pas s'arrêter de si tôt.

Selon les plans du gouvernement, l'année 2019 devrait en effet s'achever sur un déficit de 508 millions d'euros. Et il atteindra même 708 millions en 2020, sans perspective de changement pour l'avenir.

Le mois dernier, le nouveau ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS) annonçait que la Fédération serait ainsi en déficit récurrent jusqu'à la fin de cette législature en 2024.

Il a toutefois promis de limiter la charge de cette dette à 2% des recettes de l'entité.

Selon le cdH, - désormais dans l'opposition après quinze années au pouvoir en Fédération-, la dette de la Fédération pourrait ainsi enfler jusqu'à 12 milliards d'euros d'ici en 2024, soit autant que ses recettes annuelles, selon une estimation réalisée le mois dernier par l'ancien ministre André Antoine, qui dit redouter une "faillite" de l'institution.

Un débat entre députés et le ministre Daerden sur cette question d'endettement est d'ailleurs prévu lundi prochain en commission du Parlement.