En Belgique francophone, 30 % des enfants vivent dans une famille proche du seuil de pauvreté, selon une enquête de Solidaris, relayée par Le Soir. Il s'agit d'un "des taux de pauvreté infantile les plus élevés d'Europe", selon l'Unicef. En Belgique, en 2014, le seuil de la pauvreté est de 2.100 euros nets/mois pour un couple avec deux enfants. Pour une famille monoparentale avec deux enfants, il s'agit de 1.600 euros nets/mois. Presque un quart des parents vivent dans la craint de ne pouvoir boucler leur budget en fin de mois ou de basculer dans la précarité.

Logement, instruction et emploi

D'autres critères sont également nécessaires pour évaluer la pauvreté, en dehors du salaire des ménages. Pour Solidaris, cela forme "un écosystème, un ghetto d'exclusion sociale".

Il faut regarder du côté des biens immobiliers, par exemple. Environ 60% des personnes sondées sont propriétaires, mais ce chiffre ne s'élève qu'à 23% chez les familles démunies.

La pauvreté est aussi liée au niveau d'instruction. En effet, la moitié des parents classés dans les familles les plus démunies n'ont pas un de diplôme plus élevé que le primaire ou le secondaire inférieur. 68 % de ces parents ont également connu une ou plusieurs périodes de chômage au cours de leur vie. "Une des racines de la pauvreté réside d'abord dans la faiblesse des niveaux d'instruction qui donne lieu ensuite à un manque d'emploi stable ou à un emploi faiblement rémunéré ce qui fait du travailleur, un travailleur pauvre", explique Solidaris.

Conséquences

Cette précarité a de grandes conséquences sur les conditions de vie, quel que soit l'âge.

De plus, environ la moitié des familles vivant dans la pauvreté ont peur de ne pas pouvoir payer des études à leurs enfants, de pouvoir les aider financièrement ou leur donner des conditions de vies correctes. Cela a également des conséquences sur le lieu de garde de l'enfant. Les parents démunis sont presque deux fois plus nombreux à garder leurs enfants eux-mêmes. Pourtant, selon Solidaris, une socialisation est un avantage pour la vie future.

Mais la socialisation n'est pas toujours chose aisée. Les familles qui décident quand même de mettre leur enfant à la crèche constatent que la mixité sociale est peu importante et ressentent une certaine condescendance de la part des puéricultrices qui " leur font sentir qu'elles savent bien mieux que les parents ce qu'il faut faire", explique Marie-Thérèse Casman, sociologue de la famille à l'ULG, interviewée par le journal Le Soir.

(OL)