Le texte impose l'insertion des empreintes digitales numériques dans la carte d'identité des citoyens belges. Si la mesure, qui devrait entrer en vigueur en avril 2019, n'a pas fait sourciller côté francophone, elle a soulevé une vague d'indignation au nord du pays, où des voix ont dénoncé, entre autres, la mise en place par le gouvernement d'une " société sous surveillance ".
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Le texte impose l'insertion des empreintes digitales numériques dans la carte d'identité des citoyens belges. Si la mesure, qui devrait entrer en vigueur en avril 2019, n'a pas fait sourciller côté francophone, elle a soulevé une vague d'indignation au nord du pays, où des voix ont dénoncé, entre autres, la mise en place par le gouvernement d'une " société sous surveillance ". L'objectif affiché par le ministre de l'Intérieur est de faire obstacle à l'usurpation d'identité pour mieux lutter contre les terroristes et les criminels. Une mission noble, si ce n'est que la méthode utilisée pose question : alors que l'Union européenne vient de s'armer d'un règlement général sur la protection des données (RGPD), Jan Jambon marche à contresens, faisant fi des avis négatifs réitérés par l'Autorité de protection des données (ex-Commission vie privée). D'après celle-ci, " prendre les empreintes de toute une population n'est pas une mesure innocente au niveau de la sphère privée ". Le Parlement aurait, de surcroît, " pris une décision précipitée et irréfléchie ", sans " évaluer de façon adéquate l'impact d'une telle mesure ", comme l'impose pourtant la réglementation européenne. Le gouvernement n'aurait pour sa part pas avancé de " justification valable " à l'utilité de cette loi. Sur Twitter, le hashtag #VeiligheidsCultuur (culture de la sécurité) fièrement arboré par Jan Jambon a rapidement été contré par un #AngstCultuur (culture de la peur), lancé par les participants au mouvement #IkWeiger. Parmi eux, des internautes qui dénoncent une " pratique de la Stasi " (l'ancienne police secrète est-allemande) et des " méthodes orwelliennes ", mais aussi des experts universitaires qui craignent que l'adoption de cette loi n'ouvre la porte à une banque de données centralisée." Foutaises de gauche ", a rétorqué le secrétaire d'Etat Theo Francken (N-VA) qui , dans la foulée, a lancé le hashtag #IkWeigerNiet (je ne refuse pas). Pour les partisans du projet de loi, ce débat n'a pas lieu d'être, nos empreintes étant déjà utilisées pour débloquer nos smartphones ou confectionner nos passeports. Ces démarches, bien que nécessaires, demeurent toutefois optionnelles, alors que la possession d'une carte d'identité est obligatoire. Le projet de loi doit encore être approuvé par la Chambre, mais il ne s'agirait que d'une formalité. Si le texte est adopté en l'état, chaque citoyen de plus de 12 ans se verra obligé de fournir aux autorités l'empreinte de ses index. Le cabinet deJuristen, spécialisé dans le droit des technologies de l'information et de la communication, a déjà prévu d'intenter une action en justice devant la Cour constitutionnelle. " Pour mettre une fin juridique à la volonté des pouvoirs publics d'en savoir toujours plus sur nous. "