Alors que le mois de jeûne a débuté le lundi 6 mai, la radio Studio Brussel de la VRT a décidé d'y consacrer une émission hebdomadaire : Ramadamadingdong. Animée par trois jeunes Belgo-Marocains, le programme a pour objectif d'éclairer, sans tabou, les auditeurs sur le sujet.
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Alors que le mois de jeûne a débuté le lundi 6 mai, la radio Studio Brussel de la VRT a décidé d'y consacrer une émission hebdomadaire : Ramadamadingdong. Animée par trois jeunes Belgo-Marocains, le programme a pour objectif d'éclairer, sans tabou, les auditeurs sur le sujet. Durant cinq semaines, tous les mardis entre le coucher du soleil et minuit, les frères Rachid, Mous et Sef Lamrabet accueillent à l'heure de la rupture du jeûne des personnalités flamandes pour répondre à leurs questions ainsi qu'à celle des auditeurs. Sur les ondes de la célèbre chaîne musicale, ils passent également leurs morceaux préférés de hip-hop et d'électro. Parmi les invités, avec qui ils partagent un repas de l'iftar, on retrouve notamment l'ancienne sprinteuse et médaillée olympique Elodie Ouédraogo et la célèbre présentatrice du journal télé de la VRT, Goedele Wachters. Tous ont, pour l'occasion, accepté le défi de ne pas manger ni boire durant une journée. C'est donc à jeun que la journaliste présentera le JT de 19 heures le 28 mai. " Avec Ramadamadingdong, nous voulons offrir une vision non filtrée de la culture musulmane contemporaine, grâce au divertissement ", a expliqué le chef de Studio Brussel, Jan Van Biesen. " Il y aura autant de couscous que de roulades d'endives au jambon ", a précisé avec humour l'un des présentateurs. Mais à peine le lancement de l'émission annoncé, d'innombrables auditeurs ont pris d'assaut les réseaux sociaux pour exprimer leur mécontentement, annonçant pour certains le boycott de la radio après des années de fidélité. Malgré quelques commentaires positifs, ceux dénonçant une " nouvelle preuve de l'islamisation de la société " se sont multipliés. Un ramdam offrant aux trolls l'opportunité de faire ressurgir la théorie complotiste du " grand remplacement ". Au fil des réactions, des internautes ont rebaptisé la radio " Studio Sharia ", accusant le service public flamand de manquer de neutralité et de promouvoir l'islam, le tout " avec l'argent du contribuable ". Sur Facebook, Studio Brussel a défendu son choix : " Nous sommes une radio engagée. A travers ce programme, nous désirons participer au rapprochement des différentes communautés. " Dans un tel contexte, l'ambition affichée paraît d'autant plus audacieuse. Alors que dans les médias, les musulmans sont fréquemment présentés sous un mauvais jour, une telle initiative ne peut être que salutaire. La nouvelle émission radio a, par ailleurs, le mérite de s'inscrire dans un modèle d'intégration réelle, visant l'inclusion active de l'ensemble des individus qui la forment. Mais l'exercice semble être à double tranchant et risque de provoquer l'effet inverse de celui escompté. " Pourquoi n'y a-t-il pas eu un tel programme durant le carême ? " se sont plaints certains sceptiques. Nombre d'entre eux ont déjà annoncé la couleur : c'est aux urnes qu'ils exprimeront leur frustration, le 26 mai.