Ce projet de loi habilite les forces armées à "participer à la protection des infrastructures essentielles, y compris les services publics essentiels et l'infrastructure de police, dont le bon fonctionnement est crucial pour la sécurité et la qualité de vie de tous les Chiliens", a déclaré M. Piñera à la presse, lors d'une visite dans une école de police. La loi permettra d'assigner ces tâches aux militaires, "sans avoir besoin de décréter l'état d'urgence constitutionnel, ni de restreindre les libertés et les droits des citoyens", a-t-il ajouté. La constitution chilienne stipule que les forces armées ne se consacrent qu'à la défense nationale, et n'ont pas de compétence en matière d'ordre public et de sécurité interieure, ce qui incombe à la police. L'armée ne peut actuellement intervenir dans ces domaines qu'en cas de situation d'exception constitutionnelle ou de catastrophe naturelle. Face à une fronde sociale inédite depuis des décennies dans ce pays d'Amérique latine, M. Piñera avait décrété le 18 octobre l'état d'urgence, qui a perduré pendant 9 jours, mesure qui donne aux forces armées le contrôle sur la sécurité de la population et la protection de l'espace public. La police a été critiquée pendant la crise, accusée de violations de droits de l'homme pendant les manifestations, mais aussi d'avoir démontré son impuissance devant les pillages et incendies de commerces. Plus d'une centaine de commissariats ont été par ailleurs attaqués. (Belga)