Elles ont rompu leur silence devant le palais présidentiel de La Moneda pour scander "Justice, vérité, non à l'impunité". Vêtues de noir, arborant des foulards blancs, les manifestantes ont rendu hommage aux Chiliens "tombés" pendant la contestation sociale, en référence aux 20 morts - dont cinq par l'intervention des forces de sécurité - recensés depuis le 18 octobre. La manifestation était organisée symboliquement le 1er novembre, le Jour des morts dans la tradition chrétienne. Des appels à d'autres rassemblements vendredi circulaient sur les réseaux sociaux. La fronde sociale, déclenchée par une hausse du prix du ticket de métro à Santiago, mesure depuis suspendue, s'est transformée en une vague de contestation inédite dans ce pays sud-américain, contre le gouvernement et les inégalités socio-économiques. Outre les 20 morts confirmés par le gouvernement, 1.305 personnes ont été blessées, selon l'Institut national des droits humains (INDH), un organisme public indépendant. L'INDH a annoncé plusieurs plaintes pour actes de torture et violences sexuelles de la part des forces de l'ordre pendant l'état d'urgence décrété par le président conservateur Sebastian Pinera. Face à ces allégations, plusieurs enquêteurs de l'ONU ont commencé une mission décidée par la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, présidente du Chili à deux reprises. La pire crise sociale vécue par le Chili depuis le retour de la démocratie en 1990 a contraint le gouvernement à renoncer à organiser la COP 25 prévue en décembre et le sommet du Forum économique de coopération Asie-Pacifique (Apec) les 16 et 17 novembre. La conférence mondiale sur le climat aura finalement lieu à Madrid début décembre. (Belga)