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Encore que le retentissement télévisuel donné à l'événement aura été variable. Côté francophone, RTL-TVI et la RTBF ouvraient le bal une heure avant le début des festivités, tandis que le nord du pays se montrait plus chiche : la palme de la sobriété est revenue à la VRT qui n'a pris l'antenne que dix minutes avant les réjouissances, n'a pas jugé utile d'envoyer un reporter sur place et, la fête aussitôt terminée, s'est empressée de reprendre le cours normal de ses programmes. A croire que la chaîne publique de télévision flamande s'alignait sur la politique de la chaise vide pratiquée, ce 25 octobre, par la N-VA. Cette retenue de la VRT à l'égard d'un symbole national aussi éclatant aura été appréciée en haut lieu, par les " nouveaux patrons du service public au sein du gouvernement flamand ", décodait le journaliste-chroniqueur du Standaard, Marc Reynebeau. Premier indice d'une mise au pas programmée ? La VRT sera priée d'entendre enfin le signal de l'électeur flamand qui, lors du dernier scrutin, a eu tendance à déclarer sa flamme à l'(extrême) droite nationaliste et ne se reconnaîtrait plus dans la parole diffusée par le service public flamand de radio-télévision. La nouvelle coalition régionale N-VA - CD&V - Open VLD s'engage à faire de la VRT un bras armé du nationalisme romantique remis au goût du jour. C'est la moindre des choses, assène le CD&V Benjamin Dalle, ministre des Médias : " L'identité flamande est importante pour cette coalition. S'il existe une organisation en Flandre qui contribue au développement de l'identité flamande et peut encore la renforcer à l'avenir, c'est bien la VRT. " La reconversion passera par un solide tour de vis budgétaire. Par un traitement de l'information plus sensible au spectre idéologique en vogue en Flandre. Donc, par un regard journalistique revu et corrigé sur des enjeux aussi brûlants que la migration, le port du voile ou la question climatique. L'invitation sur les plateaux télé de nouvelles voix jusqu'ici inaudibles y contribuera. Comme celles des climatosceptiques, le ministre-président Jan Jambon se déclarant demandeur de leur présence. Siegfried Bracke en est tout réjoui. Il était temps, dit l'ex-journaliste vedette de la VRT et ex-ténor N-VA, de recadrer cette entreprise livrée à la " pensée unique ", celle d'une gauche allergique au nationalisme flamand et, de ce fait, trop entichée de " la marque Belgique ". A ce propos, les Diables Rouges devraient à terme disparaître de la grille des programmes de la chaîne publique, laquelle ne pourra plus financièrement concourir avec le privé pour décrocher la coûteuse retransmission d'événements sportifs. Faire autant avec moins, faire plus flamand et moins " belgicain ".