Ministre wallonne de 2009 à 2017, Eliane Tillieux a mené ces deux dernières années à la Chambre le combat sur l'interruption volontaire de grossesse. Sa nomination au perchoir de la Chambre peut être vue comme une volonté du PS de garantir le maintien de ce dossier à l'agenda parlementaire, alors que le CD&V le bloque toujours. Cette Namuroise de 54 ans, qui entretient sa fibre sociale en se multipliant sur le terrain communal (elle n'a pas encore décidé si elle abandonnera son poste de cheffe de file de l'opposition socialiste communale), est licenciée en traduction et interprétariat et diplômée en comptabilité et management public. Elle a entamé sa carrière comme employée de banque et secrétaire de traduction avant d'être engagée à la Société wallonne de distribution d'eau (SWDE), où elle est nommé directrice du service clientèle et de la division commerciale. Militante socialiste, élue grâce à l'apparentement conseillère provinciale à Namur en 2000, elle entre aux parlements wallon et de la Communauté française en 2004 depuis une place de combat avec quelque 8.000 voix. Régionaliste affirmée, elle signe avec cinq autres députés un projet de Constitution wallonne et s'investit notamment dans le débat sur le rayonnement des antennes GSM, ainsi qu'au sein de la commission de l'Enseignement supérieur du parlement de la Communauté française, où elle a porté un texte sur l'aide aux étudiants à revenu modeste. En 2006, elle entre au conseil communal de Namur sous la bannière d'un PS rejeté dans l'opposition et aux élections régionales de 2009, conforte son score avec près de 10.500 voix. Elle monte alors dans le gouvernement Demotte où, en tant que quatrième ministre socialiste, elle gère pendant cinq ans les matières relativement discrètes de la Santé, l'Action sociale et l'Égalité des chances. Elle obtient notamment le maintien de nombreux budgets sociaux dont celui de l'AWIPH (l'agence pour l'intégration des personnes handicapées), dans des temps budgétaires pourtant difficiles, et fait aboutir le délicat dossier du Parcours d'accueil pour les étrangers primo-arrivants. Elle développe aussi les résidences-services, ouvre le débat sur la sexualité des personnes handicapées, actualise le plan habitat permanent, etc, sans toutefois obtenir l'écho médiatique d'autres de ses collègues. En 2012, elle figure avec quelque 8.200 voix en 2e position des votes de préférence aux élections communales, quadruplant son score de 2006 mais loin derrière le cdH Maxime Prévot (13.500 voix), qui choisit de maintenir le PS dans l'opposition. Le PS a en effet perdu la première place qu'il occupait à Namur depuis la fusion des communes. C'est aussi cette année-là que la figure de proue du PS namurois, Bernard Anselme, quitte la vie politique. Deux ans plus tard, elle rempile au gouvernement wallon aux portefeuilles de l'Emploi et de la Formation, tirant les bénéfices d'une élection où elle a pulvérisé son score de 2009 et dépassé le premier de la liste, Jean-Charles Luperto. Elle tente alors de faire aboutir la réforme mammouth des aides à l'emploi, mais est interrompue quand le cdH décide à l'été 2017 de renvoyer le PS dans l'opposition en s'alliant au MR. Aux élections de 2019, c'est à la Chambre qu'elle se présente en tête de liste de sa circonscription, décrochant plus de 20.000 voix (21.514), meilleur score féminin de son parti. Elle porte alors pour le PS la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l'avortement, que ses opposants - CD&V en tête - bloquent par des recours au Conseil d'État. Jusqu'à en faire, dans l'accord du nouveau gouvernement, une concession majeure aux chrétiens-démocrates flamands. Première femme à prendre la présidence de la Chambre, Mme Tillieux avait été précédée en 2004 par une autre socialiste francophone, Anne-Marie Lizin, devenue cette année-là la première femme présider le Sénat, tandis que la Belgique aura dû attendre 2019 pour connaître sa première Première ministre, en la personne de Sophie Wilmès (MR). (Belga)

Ministre wallonne de 2009 à 2017, Eliane Tillieux a mené ces deux dernières années à la Chambre le combat sur l'interruption volontaire de grossesse. Sa nomination au perchoir de la Chambre peut être vue comme une volonté du PS de garantir le maintien de ce dossier à l'agenda parlementaire, alors que le CD&V le bloque toujours. Cette Namuroise de 54 ans, qui entretient sa fibre sociale en se multipliant sur le terrain communal (elle n'a pas encore décidé si elle abandonnera son poste de cheffe de file de l'opposition socialiste communale), est licenciée en traduction et interprétariat et diplômée en comptabilité et management public. Elle a entamé sa carrière comme employée de banque et secrétaire de traduction avant d'être engagée à la Société wallonne de distribution d'eau (SWDE), où elle est nommé directrice du service clientèle et de la division commerciale. Militante socialiste, élue grâce à l'apparentement conseillère provinciale à Namur en 2000, elle entre aux parlements wallon et de la Communauté française en 2004 depuis une place de combat avec quelque 8.000 voix. Régionaliste affirmée, elle signe avec cinq autres députés un projet de Constitution wallonne et s'investit notamment dans le débat sur le rayonnement des antennes GSM, ainsi qu'au sein de la commission de l'Enseignement supérieur du parlement de la Communauté française, où elle a porté un texte sur l'aide aux étudiants à revenu modeste. En 2006, elle entre au conseil communal de Namur sous la bannière d'un PS rejeté dans l'opposition et aux élections régionales de 2009, conforte son score avec près de 10.500 voix. Elle monte alors dans le gouvernement Demotte où, en tant que quatrième ministre socialiste, elle gère pendant cinq ans les matières relativement discrètes de la Santé, l'Action sociale et l'Égalité des chances. Elle obtient notamment le maintien de nombreux budgets sociaux dont celui de l'AWIPH (l'agence pour l'intégration des personnes handicapées), dans des temps budgétaires pourtant difficiles, et fait aboutir le délicat dossier du Parcours d'accueil pour les étrangers primo-arrivants. Elle développe aussi les résidences-services, ouvre le débat sur la sexualité des personnes handicapées, actualise le plan habitat permanent, etc, sans toutefois obtenir l'écho médiatique d'autres de ses collègues. En 2012, elle figure avec quelque 8.200 voix en 2e position des votes de préférence aux élections communales, quadruplant son score de 2006 mais loin derrière le cdH Maxime Prévot (13.500 voix), qui choisit de maintenir le PS dans l'opposition. Le PS a en effet perdu la première place qu'il occupait à Namur depuis la fusion des communes. C'est aussi cette année-là que la figure de proue du PS namurois, Bernard Anselme, quitte la vie politique. Deux ans plus tard, elle rempile au gouvernement wallon aux portefeuilles de l'Emploi et de la Formation, tirant les bénéfices d'une élection où elle a pulvérisé son score de 2009 et dépassé le premier de la liste, Jean-Charles Luperto. Elle tente alors de faire aboutir la réforme mammouth des aides à l'emploi, mais est interrompue quand le cdH décide à l'été 2017 de renvoyer le PS dans l'opposition en s'alliant au MR. Aux élections de 2019, c'est à la Chambre qu'elle se présente en tête de liste de sa circonscription, décrochant plus de 20.000 voix (21.514), meilleur score féminin de son parti. Elle porte alors pour le PS la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l'avortement, que ses opposants - CD&V en tête - bloquent par des recours au Conseil d'État. Jusqu'à en faire, dans l'accord du nouveau gouvernement, une concession majeure aux chrétiens-démocrates flamands. Première femme à prendre la présidence de la Chambre, Mme Tillieux avait été précédée en 2004 par une autre socialiste francophone, Anne-Marie Lizin, devenue cette année-là la première femme présider le Sénat, tandis que la Belgique aura dû attendre 2019 pour connaître sa première Première ministre, en la personne de Sophie Wilmès (MR). (Belga)