"On fera de notre mieux pour que (le gouvernement) ait tous les éléments en main pour prendre une décision. Et quand je regarde l'impact d'une prolongation sur la sécurité d'approvisionnement, sur les émissions de CO2, et sur les prix, je me dis que mon dossier n'est pas trop mal." "Mais il faut que tout le monde soit vraiment convaincu que sortir du nucléaire n'est peut-être pas une bonne chose", ajoute Johnny Thijs, se disant lui-même convaincu.

L'homme estime qu'il y a "de la place" pour prolonger trois réacteurs, et plutôt pour 20 ans que pour 10. "Si on le fait, il faut investir 1,3 milliard pour les mettre à niveau, car les normes de sécurité évoluent. Alors autant bénéficier de cet investissement pendant 20 ans. Mais si les responsables politiques disent que deux centrales suffisent pendant dix ans, il faudra discuter. Ça ne me paraît pas logique, mais on verra..."

Interrogée dans L'Echo, la directrice générale d'Engie - la maison-mère d'Electrabel - souligne que Johnny Thijs jouera un rôle très important dans ce dossier. "Ce n'est pas notre rôle de déterminer la stratégie énergétique du pays. Nous sommes un acteur industriel au service d'une politique énergétique. Mais nous avons besoin de clarté le plus rapidement possible", estime Isabelle Kocher.

Belga

Le calendrier de sortie du nucléaire doit être respecté, souligne Ecolo

Le calendrier de sortie du nucléaire doit être respecté, a réagi samedi le groupe Ecolo-Groen à l'annonce de Johnny Thijs dans Le Soir et De Standaard. Le nouveau président d'Electrabel a en effet fait part de sa volonté de prolonger pour 20 ans trois réacteurs nucléaires.

"Johnny Thys pense sans doute qu'on peut gérer Electrabel comme la Poste et que son identité belge lui permettra de faire passer la pilule auprès du monde politique. La ficelle est trop grosse. La sortie du nucléaire est inscrite dans la Loi: son calendrier doit être respecté", rétorque le parti des verts samedi par communiqué de presse. Pour le groupe Ecolo-Groen, il s'agit "évidemment d'une hypothèse irresponsable, dangereuse, coûteuse, en contradiction avec les objectifs énergétiques que la Belgique doit se fixer pour réussir la transition".

"Ce que nous attendons du nouveau président d'Electrabel, c'est qu'il contribue à ce que l'entreprise assume ses responsabilités quant à l'approvisionnement électrique, à la gestion du passé via des provisions nucléaires, mais aussi et surtout quant à la sécurité des installations nucléaires", a pour sa part souligné Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.