L'AfD s'est constitué lors du débat sur la crise de la dette grecque. Le parti viscéralement europhobe refusait alors que l'Allemagne renfloue les caisses du trésor public grec. En 2013, l'AfD avait failli entrer au Bundestag, mais avait échoué à quelques points du seuil électoral des 5%. Le parti a ensuite vivoté jusqu'à ce que la crise migratoire éclate. La décision de la chancelière Merkel d'ouvrir les frontières aux réfugiés fuyant les guerres qui ravagent l'Afrique et le Moyen-Orient a revigoré l'AfD, qui a trouvé un sujet sur lequel appliquer son discours xénophobe et anti-migrants. Alors que la plupart de ses représentants sont des néophytes en politique, l'AfD a fait les titres des journaux par certaines déclarations maladroites. En janvier dernier, Björn Höcke s'est ainsi fait remarquer en attaquant la légitimité du mémorial de l'Holocauste à Berlin, qualifiant celui-ci de "monument de la honte". Il a aussi estimé devant les jeunes de son parti que les Allemands se flagellent avec leur passé, les transformant en "peuple brutalement conquis". Alexander Gauland, le numéro deux de la campagne électorale ayant pris fin ce soir, pourrait devoir répondre de racisme devant la justice, après avoir suggéré de "se débarrasser" d'une politicienne germano-turque. Aydan Ozoguz, une responsable gouvernementale, était coupable, selon M. Gauland, d'avoir déclaré qu'il n'existait pas de culture allemande spécifique au-delà du langage commun. Angela Merkel, qui ne réagit généralement pas aux sorties xénophobes de l'AfD, était alors sortie de sa réserve pour dénoncer ces "commentaires racistes". Alice Weidel, l'égérie du parti d'extrême droite, est elle attaquée pour un mail raciste envoyé le 24 février 2013. Dans celui-ci, elle écrit que le gouvernement de Mme Merkel tente de "détruire la société bourgeoise de l'Allemagne en l'inondant d'Arabes, de tziganes et de Roms", et ajoute que le pays doit retrouver son "unité génétique". "Ces porcs (du gouvernement) ne sont rien d'autre que les marionnettes des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale", poursuit-elle. Les caciques de l'AfD ont dénoncé des accusations mensongères, mais le destinataire du mail, un ancien proche de Mme Weidel, a déclaré sous serment que le courriel était authentique. A la même époque, Alice Weidel devait également se défendre d'avoir illégalement engagé une réfugiée syrienne comme femme de ménage. En juin dernier, plusieurs responsables se sont retrouvés au milieu d'une nouvelle polémique avec la retranscription d'une conversation en ligne regorgeant de messages nationalistes. Andre Poggenburg a ainsi employé l'expression "Deutschland den Deutschen" ("L'Allemagne aux Allemands"), une formule prisée de l'extrême droite. Un autre responsable soulignant quant à lui la nécessité de museler la presse une fois le parti au pouvoir. "Nous devons nous attaquer aux médias, sinon ce sera trop difficile. En prenant le pouvoir, nous devons mettre sur pied un comité qui contrôlera tous les journalistes et rédacteurs en chef. Des patrons devront être virés, et les médias contre le peuple supprimés." (Belga)

L'AfD s'est constitué lors du débat sur la crise de la dette grecque. Le parti viscéralement europhobe refusait alors que l'Allemagne renfloue les caisses du trésor public grec. En 2013, l'AfD avait failli entrer au Bundestag, mais avait échoué à quelques points du seuil électoral des 5%. Le parti a ensuite vivoté jusqu'à ce que la crise migratoire éclate. La décision de la chancelière Merkel d'ouvrir les frontières aux réfugiés fuyant les guerres qui ravagent l'Afrique et le Moyen-Orient a revigoré l'AfD, qui a trouvé un sujet sur lequel appliquer son discours xénophobe et anti-migrants. Alors que la plupart de ses représentants sont des néophytes en politique, l'AfD a fait les titres des journaux par certaines déclarations maladroites. En janvier dernier, Björn Höcke s'est ainsi fait remarquer en attaquant la légitimité du mémorial de l'Holocauste à Berlin, qualifiant celui-ci de "monument de la honte". Il a aussi estimé devant les jeunes de son parti que les Allemands se flagellent avec leur passé, les transformant en "peuple brutalement conquis". Alexander Gauland, le numéro deux de la campagne électorale ayant pris fin ce soir, pourrait devoir répondre de racisme devant la justice, après avoir suggéré de "se débarrasser" d'une politicienne germano-turque. Aydan Ozoguz, une responsable gouvernementale, était coupable, selon M. Gauland, d'avoir déclaré qu'il n'existait pas de culture allemande spécifique au-delà du langage commun. Angela Merkel, qui ne réagit généralement pas aux sorties xénophobes de l'AfD, était alors sortie de sa réserve pour dénoncer ces "commentaires racistes". Alice Weidel, l'égérie du parti d'extrême droite, est elle attaquée pour un mail raciste envoyé le 24 février 2013. Dans celui-ci, elle écrit que le gouvernement de Mme Merkel tente de "détruire la société bourgeoise de l'Allemagne en l'inondant d'Arabes, de tziganes et de Roms", et ajoute que le pays doit retrouver son "unité génétique". "Ces porcs (du gouvernement) ne sont rien d'autre que les marionnettes des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale", poursuit-elle. Les caciques de l'AfD ont dénoncé des accusations mensongères, mais le destinataire du mail, un ancien proche de Mme Weidel, a déclaré sous serment que le courriel était authentique. A la même époque, Alice Weidel devait également se défendre d'avoir illégalement engagé une réfugiée syrienne comme femme de ménage. En juin dernier, plusieurs responsables se sont retrouvés au milieu d'une nouvelle polémique avec la retranscription d'une conversation en ligne regorgeant de messages nationalistes. Andre Poggenburg a ainsi employé l'expression "Deutschland den Deutschen" ("L'Allemagne aux Allemands"), une formule prisée de l'extrême droite. Un autre responsable soulignant quant à lui la nécessité de museler la presse une fois le parti au pouvoir. "Nous devons nous attaquer aux médias, sinon ce sera trop difficile. En prenant le pouvoir, nous devons mettre sur pied un comité qui contrôlera tous les journalistes et rédacteurs en chef. Des patrons devront être virés, et les médias contre le peuple supprimés." (Belga)