"J'ai décidé de me retirer de la mission d'observation pour ne pas compromettre son impartialité", a écrit sur Twitter Arturo Espinosa, un avocat et universitaire mexicain. "J'aurais dû informer l'OEA de mes manifestations publiques préalables au sujet du processus électoral en Bolivie", a-t-il ajouté. L'authenticité de ce tweet a été confirmée à l'AFP par le bureau de l'OEA à La Paz. Les médias boliviens ont rapporté que M. Espinosa avait publié la semaine dernière un article d'opinion sur les élections en Bolivie dans lequel il se montrait très critique à l'égard du président socialiste Evo Morales. Paradoxalement, l'enquête de l'OEA sur le processus électoral en Bolivie, qui a démarré jeudi et doit durer environ deux semaines, a été demandée par le gouvernement de M. Morales, et est rejetée par l'opposition. Les premiers chiffres partiels le soir de l'élection, le 20 octobre, laissaient entrevoir un second tour inédit entre M. Morales et son rival libéral Carlos Mesa. Mais de nouveaux résultats, diffusés le lendemain, avaient pratiquement donné la victoire à M. Morales, suscitant de la part de l'opposition et des observateurs internationaux des soupçons de fraude. Cinq jours plus tard, le Tribunal suprême électoral annonçait la victoire de M. Morales, avec une avance de plus de dix points, lui permettant de s'imposer dès le premier tour. Dès le lendemain du scrutin, des incidents entre pro et anti-Morales avaient éclaté dans plusieurs villes de Bolivie, faisant au moins deux morts et 140 blessés. (Belga)