Un peu partout dans la région semi-autonome, de longues files d'attente se sont formées très tôt aux abords des bureaux de vote, alors qu'une forte participation devrait avantager le camp pro-démocratie. La commission électorale a annoncé dans l'après-midi que 47,26% des 4,13 millions d'inscrits avaient voté à 15H30 (09H30 HB). Il s'agissait déjà d'un record de participation, alors que les bureaux de vote demeuraient encore ouverts pendant sept heures. En temps normal, ces élections pour choisir les 452 membres de 18 conseils de district compétents sur des questions de vie quotidienne comme la collecte des ordures ménagères ne soulèvent pas l'enthousiasme. Mais l'heure n'est plus à la normalité dans un territoire qui vit sa crise politique la plus grave depuis son retour dans le giron de Pékin en 1997, avec des manifestations et actions de plus en plus violentes pour exiger notamment des réformes démocratiques. Les conseils de district ont toujours été dominés par des élus favorables à l'exécutif aligné sur Pékin. Après un semestre de colère dans les rues, le camp pro-démocratie veut profiter de cette rare occasion de s'exprimer dans les urnes pour entamer la domination des "pro-Pékin" et donner un nouveau souffle à la contestation. "J'espère que ce scrutin nous permettra de nous faire davantage entendre au sein des conseils", a déclaré à l'AFP Michael Ng, un étudiant de 19 ans qui votait pour la première fois de sa vie. Environ 400.000 personnes de plus se sont inscrites cette année sur les listes électorales, en raison notamment d'une campagne de mobilisation organisée par les pro-démocratie. Des formulaires vierges d'inscriptions sur les listes avaient ainsi été distribués par les manifestants lors des grands rassemblements de juin. Certains politologues estiment qu'une forte participation peut servir la cause des pro-démocratie, qui ont fait de ce scrutin un référendum contre la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et son gouvernement aligné sur Pékin se refusant à toute concession aux manifestants. (Belga)