"Elio m'avait informé de sa décision, on peut la comprendre", commente M. Magnette. Il cite l'importance de ce niveau de pouvoir pour contester la politique du gouvernement sortant, et souligne l'expérience de l'ex-Premier ministre. Pour autant, Paul Magnette critique la méthode utilisée par M. Di Rupo, qui a annoncé sa décision jeudi sur un plateau télévisé.

"Ce qui est curieux, c'est de l'annoncer comme ça. Je suis de ceux qui pensent que l'on ne peut pas mener une campagne classique", dit-il, alors que "le PS a vécu deux années difficiles" et que "tous les repères de la société sont en train de changer". "Je maintiens qu'on doit pouvoir travailler de manière collégiale durant la période électorale", ajoute-t-il un peu plus loin, réclamant que la réflexion sur les priorités soit préalable au choix des personnes.

"On va avoir aux prochaines élections plusieurs centaines de milliers de nouveaux électeurs. Il y a toute une série de nouvelles problématiques qui apparaissent et s'imposent", souligne Paul Magnette, en citant le climat, l'ouverture aux jeunes, aux femmes et à la société civile, le renouement avec les mondes syndical, mutuelliste et associatif. Elio Di Rupo a proposé à l'ex-ministre-président wallon de devenir le porte-parole du parti. "C'est une fonction que je suis prêt à assumer (...) Je suis convaincu qu'on doit être en mesure d'incarner le désir de rupture qui est profondément ancré dans la société", dit-il en citant les gilets jaunes, les mobilisations syndicales et la nécessité d'une transition écologique qui soit sociale.

"Pour moi, c'est une évidence: jamais on ne fera alliance avec la N-VA. Nous avons besoin d'un nouveau Pacte social et écologique, pour dire comment on produit de la valeur et de l'emploi de qualité, pour réaliser une vraie transition écologique, en faisant en sorte que tout le monde soit embarqué dans cette transition", plaide-t-il quelques heures avant un bureau du PS qui abordera ces questions.

Belga