L'ampleur donnée à l'incident survenu dans la nuit de dimanche à lundi par l'équipe d'Abdullah Abdullah, un des deux favoris à l'élection du 28 septembre avec le président sortant Ashraf Ghani, illustre la nervosité régnant dans l'attente des résultats préliminaires. L'équipe de M. Abdullah a dénoncé dans un communiqué rien moins qu'une "attaque organisée, en collusion avec l'équipe (du palais présidentiel), pour changer l'issue de l'élection". L'annonce des résultats, prévue samedi dernier, a été repoussée à une date indéterminée à cause de problèmes techniques, selon la Commission électorale indépendante (IEC). La sortie du camp de M. Abdullah, qui s'était proclamé vainqueur deux jours après le scrutin avant de faire machine arrière, a contraint l'IEC à s'expliquer. "L'entrée du bâtiment était scellée mais dans la soirée un membre de la sécurité de la commission a demandé à ce que le sceau soit brisé pour que deux officiers de police puissent passer la nuit dans le corridor parce qu'il faisait froid dehors", a expliqué un responsable de l'IEC, Aurangzeb. Il a plaidé une "faute due aux émotions et à l'ignorance, qu'il ne faut pas exagérer". L'incident a donné lieu à des moqueries sur les réseaux sociaux. Un utilisateur de Facebook a demandé ainsi si la Commission électorale abritait "un centre de données ou un centre de chauffage". Sur Twitter, un dénommé Sarwari a admis que "les nuits sont plutôt fraîches. Au point qu'il est aisé de s'introduire par effraction dans le centre des données de la commission électorale pour s'y réchauffer". La cheffe de l'IEC, Hawa Alam Nouristani, a pris la chose plus sérieusement en affirmant que "l'incident... va faire l'objet d'une enquête, et on va s'occuper de ses auteurs". (Belga)