Mais "la situation est sous contrôle" affirme Monsieur Flahaut. A la Fédération des Étudiants Libéraux (FEL), nous sommes loin de partager son optimisme et en appelons à une prise de conscience responsable et salvatrice de tous les partis.

Une des raisons expliquant l'explosion de la dette tient dans l'investissement conséquent de la FWB dans l'éducation de ses concitoyens. A simple titre d'exemple, en 2017, ce sont près de 7.8 milliards d'euros qui furent alloués. Un "mal nécessaire" diront certains. Et, on ne leur donnera pas totalement tort. Ces dernières années, le nombre d'étudiants a augmenté, impliquant avec lui la mise en place d'un encadrement plus important. Les enjeux sont légions, et on ne parle même pas de ceux à venir d'ici les prochaines années qui nécessiteront un redéploiement de moyens. On pense notamment à l'impact budgétaire de l'allongement de la formation initiale des enseignants. Mais par-dessus tout, l'éducation constituant le socle de notre société et étant le plus à même de garantir l'épanouissement de l'individu au sein d'une société démocratique, nous ne contestons aucunement le fait qu'il faille y investir pour former les "jeunes de demain".

En revanche, nous nous montrons plus perplexes sur la manière dont cette manne financière est allouée pour l'éducation. A cet égard, les chiffres de Jean-Paul Lambert, recteur honoraire de l'Université de Saint-Louis, sont particulièrement éloquents. Entre 2000 et 2015, il apparaît que le financement de l'enseignement obligatoire a connu une augmentation de 10 %, au contraire du supérieur, avec une baisse de 15 %. Que dire alors du Conseil des recteurs des universités francophones qui a estimé à 150 millions d'euros, les besoins financiers des universités pour la prochaine législature. Nous n'avons rien inventé. L'enseignement supérieur est le parent pauvre du financement. Pour y remédier, la sortie de l'enveloppe fermée constituera le salut. A l'heure actuelle, ce système est incohérent et injustifié au regard du nombre d'étudiants qui ne fait qu'augmenter. D'autres solutions peuvent être envisagées, telles que le renforcement des partenariats avec le secteur privé et la mise en place d'un impôt dédicacé à l'éducation.

Irions-nous jusqu'à dire qu'un enseignement de qualité rime forcément avec refinancement ? Non. Le simple exemple des élèves francophones trustant les moins bonnes places aux classements PISA suffit à lui-même et prouve que l'argent ne fait pas tout. En effet, finalement, la question à se poser n'est pas "combien investir ?" mais "comment investir ?". Encore faut-il mettre en place les conditions adéquates pour une gestion efficace de l'enseignement, et non approximative, comme ça semble souvent être le cas. Mettre en place un audit de nos réseaux d'enseignement ainsi que des pratiques élaborées depuis les réformes successives de enseignement secondaire nous paraîtrait par conséquent nécessaire et tombant sous le sens. La clé sera d'adopter une démarche pragmatique, loin des promesses qui ne pourront finalement être tenues, et d'être cohérents avec les nombreux défis qui composent notre enseignement.

Dans tous les cas, la situation actuelle de la dette en Fédération Wallonie-Bruxelles, difficile et insoutenable sur le long terme, imposera aux autorités politiques de faire des choix responsables et courageux. Des choix qui nécessiteront de s'affranchir de la logique partisane des partis et d'adopter une vision long-termiste, poursuivant l'intérêt général. Alors, qu'attendez-vous ?

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