Donald Trump a mis son veto le 16 avril à une résolution du Congrès qui exigeait du président "le retrait des forces armées américaines des hostilités" au Yémen, à l'exception des opérations visant Al-Qaïda. Les opposants au soutien militaire américain dans ce conflit avaient besoin d'une majorité des deux tiers --soit 67 voix-- au Sénat pour outrepasser le veto du président républicain. Seuls 53 sénateurs ont finalement voté pour outrepasser ce veto présidentiel, soit loin de la majorité nécessaire, et 45 contre. Le texte avait été définitivement adopté début avril par le Congrès, après avoir recueilli assez de soutiens au coeur de la majorité républicaine --sept sénateurs-- pour franchir la barrière du Sénat. Ce cuisant camouflet pour Donald Trump traduisait bien le grand malaise provoqué jusque dans son camp par sa réaction tiède face à Ryad après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, en octobre 2018 à Istanbul, par un commando venu d'Arabie saoudite. Avec cette résolution, le Congrès avait appliqué une loi votée en 1973 pour limiter les pouvoirs militaires du président dans un conflit à l'étranger, une première historique. En mettant son veto, le président avait dénoncé une "tentative inutile et dangereuse d'affaiblir (s)es pouvoirs constitutionnels, mettant en danger des vies de citoyens américains". Avant le vote, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait appelé les sénateurs à voter jeudi dans le sens du président, contre une résolution qui menaçait de "saper les efforts américains pour mettre un terme au conflit au Yémen". Depuis 2015, le Pentagone fournit un "soutien non-combattant" à la coalition menée par l'Arabie saoudite, alliée historique des Etats-Unis. Le Yémen est déchiré par un conflit dévastateur depuis l'intervention d'une coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour soutenir des forces pro-gouvernementales contre les rebelles Houthis. Ces derniers sont soutenus par l'Iran, grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient. (Belga)