Si les sociétés, grâce à un plan de mobilité bien pensé, peuvent convaincre leurs collaborateurs de laisser de côté leur voiture, nous ne pourrons que nous en féliciter. Notamment parce que cela ne peut qu'être bénéfique pour la santé de leurs collaborateurs.

La popularité croissante des vélos de société a une nouvelle fois été attestée voici quelques jours par une étude de l'institut Vias, l'ancienne IBSR. L'année dernière, le vélo s'est arrogé 16% des déplacements domicile-travail, là où la proportion n'était encore que de 7% un an auparavant. La voiture, de son côté, a régressé, passant de 71% en 2015 à 56% en 2016.

Soyons honnêtes

Plusieurs raisons expliquent que les gens prennent de plus en plus le vélo pour se rendre au travail. Il y a non seulement la congestion du trafic - que vous connaissez tout naturellement - mais également la pression croissante qu'exercent les collaborateurs sur leurs entreprises afin qu'elles leur proposent un salaire sur-mesure. Par ailleurs, les vélos électriques gagnent sans cesse en popularité, les défraiements de déplacement en vélo se font plus attractifs et les vélos de société sont exempts d'impôt.

Soyons honnêtes: les vélos de société, à eux seuls, ne résoudront pas le gigantesque problème des embouteillages.

Mais soyons honnêtes, les vélos de société, à eux seuls, ne résoudront pas le gigantesque problème des embouteillages. Certainement pas si les pouvoirs publics et les provinces réussissent à mettre en oeuvre une réglementation différente, chacun(e) dans leur coin. Mais laissons pour l'instant cet aspect des choses de côté. Disons que la bonne volonté est au rendez-vous mais que la coordination fait encore défaut.

Il faudra par ailleurs consentir de très sérieux investissements en infrastructure et dans les transports publics compte tenu du fait que, dans ces deux registres, nombre de citoyens ne trouvent pas une alternative valable aux voitures de société. Le mot est lâché: voitures de société. Le coupable tout désigné, aux yeux de beaucoup. Mais est-ce réellement le cas?

La volonté existe bel et bien du côté des pouvoirs publics et des provinces mais la coordination fait encore défaut.

Voiture de société ou voiture-salaire

Certaines personnes ont réellement besoin d'une voiture dans le cadre de leurs fonctions. Par exemple, si elles doivent se rendre souvent en clientèle ou prendre régulièrement la route. Toutefois, de nombreuses voitures de société qui sont actuellement en circulation n'ont en fait rien de véhicules de fonction mais sont plutôt des voitures-salaire. Cela signifie qu'elles sont mises à la disposition du collaborateur en tant que partie intégrante de son enveloppe rémunération, en ce compris pour des déplacements privés.

Même si elles ne se précipitent pas forcément sur cette possibilité, les personnes qui disposent de voitures-salaire peuvent plus aisément opter pour des moyens de transport alternatifs que des personnes qui ont réellement besoin de leur véhicule pour exercer leur profession. En effet, les personnes disposant d'une voiture-salaire parcourent chaque jour le même trajet, souvent aux mêmes heures. Le reste de la journée, leur voiture reste garée sur le parking.

Ne pas espérer de miracle

Mais restons réalistes: les gens sont des créatures d'habitudes. Quiconque est habitué à disposer d'une voiture de société ou d'une voiture-salaire ne brûle sans doute pas d'impatience de s'en passer ou de l'échanger contre du cash. Il faudra pour cela procéder d'abord à un petit calcul objectif et cela demandera également du temps.

Nous ne pouvons pas espérer de miracle de la formule "cash for car". Ce ne sera pas une solution aux embouteillages et ce n'était d'ailleurs sans doute pas l'ambition de départ.

Nous ne pouvons dès lors pas espérer de miracle de la formule "cash for car" - le mini-budget mobilité du gouvernement fédéral - même s'il peut faire sens aux yeux de certaines jeunes actifs évoluant dans des environnements citadins. Mais ce ne sera pas une solution aux embouteillages et ce n'était d'ailleurs sans doute pas l'ambition de départ. Le but était de donner davantage de choix et de liberté aux collaborateurs. Et c'est là un bon plan dans la mesure où chaque collaborateur a des contraintes et des besoins différents dont il doit tenir compte.

Il semble dès lors que les grands changements ne viendront pas du politique. Il est de toute façon évident qu'il faut attendre un budget de mobilité plus généreux, une administration et une fiscalité simplifiées, de meilleures infrastructures... Mais cela ne veut pas dire que tant les collaborateurs que les employeurs ne peuvent pas prendre, eux-mêmes, des initiatives en matière de mobilité qui seront tout bénéfice à la fois pour les problèmes d'embouteillages et pour le bien-être personnel. Et si des alternatives concrètes, mûrement réfléchies et personnalisées devaient émerger dans le camp des entreprises, nous ne pouvons qu'espérer qu'elles soient suivies par les pouvoirs publics.

Si les sociétés, grâce à un plan de mobilité bien pensé, peuvent convaincre leurs collaborateurs de laisser de côté leur voiture, nous ne pourrons que nous en féliciter. Notamment parce que cela ne peut qu'être bénéfique pour la santé de leurs collaborateurs.La popularité croissante des vélos de société a une nouvelle fois été attestée voici quelques jours par une étude de l'institut Vias, l'ancienne IBSR. L'année dernière, le vélo s'est arrogé 16% des déplacements domicile-travail, là où la proportion n'était encore que de 7% un an auparavant. La voiture, de son côté, a régressé, passant de 71% en 2015 à 56% en 2016.Plusieurs raisons expliquent que les gens prennent de plus en plus le vélo pour se rendre au travail. Il y a non seulement la congestion du trafic - que vous connaissez tout naturellement - mais également la pression croissante qu'exercent les collaborateurs sur leurs entreprises afin qu'elles leur proposent un salaire sur-mesure. Par ailleurs, les vélos électriques gagnent sans cesse en popularité, les défraiements de déplacement en vélo se font plus attractifs et les vélos de société sont exempts d'impôt.Mais soyons honnêtes, les vélos de société, à eux seuls, ne résoudront pas le gigantesque problème des embouteillages. Certainement pas si les pouvoirs publics et les provinces réussissent à mettre en oeuvre une réglementation différente, chacun(e) dans leur coin. Mais laissons pour l'instant cet aspect des choses de côté. Disons que la bonne volonté est au rendez-vous mais que la coordination fait encore défaut.Il faudra par ailleurs consentir de très sérieux investissements en infrastructure et dans les transports publics compte tenu du fait que, dans ces deux registres, nombre de citoyens ne trouvent pas une alternative valable aux voitures de société. Le mot est lâché: voitures de société. Le coupable tout désigné, aux yeux de beaucoup. Mais est-ce réellement le cas?Certaines personnes ont réellement besoin d'une voiture dans le cadre de leurs fonctions. Par exemple, si elles doivent se rendre souvent en clientèle ou prendre régulièrement la route. Toutefois, de nombreuses voitures de société qui sont actuellement en circulation n'ont en fait rien de véhicules de fonction mais sont plutôt des voitures-salaire. Cela signifie qu'elles sont mises à la disposition du collaborateur en tant que partie intégrante de son enveloppe rémunération, en ce compris pour des déplacements privés.Même si elles ne se précipitent pas forcément sur cette possibilité, les personnes qui disposent de voitures-salaire peuvent plus aisément opter pour des moyens de transport alternatifs que des personnes qui ont réellement besoin de leur véhicule pour exercer leur profession. En effet, les personnes disposant d'une voiture-salaire parcourent chaque jour le même trajet, souvent aux mêmes heures. Le reste de la journée, leur voiture reste garée sur le parking.Mais restons réalistes: les gens sont des créatures d'habitudes. Quiconque est habitué à disposer d'une voiture de société ou d'une voiture-salaire ne brûle sans doute pas d'impatience de s'en passer ou de l'échanger contre du cash. Il faudra pour cela procéder d'abord à un petit calcul objectif et cela demandera également du temps.Nous ne pouvons dès lors pas espérer de miracle de la formule "cash for car" - le mini-budget mobilité du gouvernement fédéral - même s'il peut faire sens aux yeux de certaines jeunes actifs évoluant dans des environnements citadins. Mais ce ne sera pas une solution aux embouteillages et ce n'était d'ailleurs sans doute pas l'ambition de départ. Le but était de donner davantage de choix et de liberté aux collaborateurs. Et c'est là un bon plan dans la mesure où chaque collaborateur a des contraintes et des besoins différents dont il doit tenir compte.Il semble dès lors que les grands changements ne viendront pas du politique. Il est de toute façon évident qu'il faut attendre un budget de mobilité plus généreux, une administration et une fiscalité simplifiées, de meilleures infrastructures... Mais cela ne veut pas dire que tant les collaborateurs que les employeurs ne peuvent pas prendre, eux-mêmes, des initiatives en matière de mobilité qui seront tout bénéfice à la fois pour les problèmes d'embouteillages et pour le bien-être personnel. Et si des alternatives concrètes, mûrement réfléchies et personnalisées devaient émerger dans le camp des entreprises, nous ne pouvons qu'espérer qu'elles soient suivies par les pouvoirs publics.