Ces séances de coupes sombres intervenaient après une déclaration gouvernementale, elle-même issue de longues négociations sur ce qui serait le programme du gouvernement d'après élections fédérales de juin 2010. Dans cette déclaration, dans ce programme, les mesures décidées, et autour desquelles les partis qui gouvernent aujourd'hui s'étaient accordés, ont été chiffrées, budgétairement.

Mais depuis des semaines et des semaines, on assiste à ce qui ressemble furieusement à, au mieux, de la précipitation, au pire de l'improvisation. Dans les deux cas, à une sorte d'impréparation - on n'ose écrire "d'imperméabilité" - de la part de ceux qui nous gouvernent face aux vrais défis sociétaux à relever. Ainsi, le fait que, aujourd'hui, en comité ministériel restreint, la ministre de l'Intérieur dépose une "note complémentaire" - tout est dans ce "complémentaire" - pour obtenir plus de 12 millions d'euros (et engager 300 nouveaux policiers dès l'an prochain à Bruxelles) et que sa collègue de la Justice annonce qu'il faut "trouver de l'argent" pour un meilleur fonctionnement de la Justice, et notamment une "meilleure effectivité des peines prononcées" laisse pantois. On découvrirait seulement maintenant, qu'il faut plus de moyens pour la sécurité et la justice ?

Il faut un incident à la Stib, une agression dans le métro, un contrôle policier qui se passe mal, une fronde d'une partie de population, une évasion violente de prison, une grève d'avocats, d'huissiers, d'experts, de gardiens, pour que les ministres concernés

1) prennent l'ampleur des problèmes
2) clament qu'ils/elles examinent la question
3) annoncent qu'ils/elles ont préparé une note
4) demandent de l'argent pour que les solutions voient le jour.

Ce sera une réaction épidermique, on espère pas trop café du commerce, mais on peut difficilement s'empêcher de se demander ce qu'imaginait ce gouvernement lorsqu'il confectionnait et révisait son budget, et si, nous aussi, alors, au fond, on ne pourrait pas "faire" ministre. Puisque le principe de fonctionnement est si simple : donnez-moi l'argent et je vous règle ça en envoyant des troupes sur le terrain.

Ces séances de coupes sombres intervenaient après une déclaration gouvernementale, elle-même issue de longues négociations sur ce qui serait le programme du gouvernement d'après élections fédérales de juin 2010. Dans cette déclaration, dans ce programme, les mesures décidées, et autour desquelles les partis qui gouvernent aujourd'hui s'étaient accordés, ont été chiffrées, budgétairement. Mais depuis des semaines et des semaines, on assiste à ce qui ressemble furieusement à, au mieux, de la précipitation, au pire de l'improvisation. Dans les deux cas, à une sorte d'impréparation - on n'ose écrire "d'imperméabilité" - de la part de ceux qui nous gouvernent face aux vrais défis sociétaux à relever. Ainsi, le fait que, aujourd'hui, en comité ministériel restreint, la ministre de l'Intérieur dépose une "note complémentaire" - tout est dans ce "complémentaire" - pour obtenir plus de 12 millions d'euros (et engager 300 nouveaux policiers dès l'an prochain à Bruxelles) et que sa collègue de la Justice annonce qu'il faut "trouver de l'argent" pour un meilleur fonctionnement de la Justice, et notamment une "meilleure effectivité des peines prononcées" laisse pantois. On découvrirait seulement maintenant, qu'il faut plus de moyens pour la sécurité et la justice ? Il faut un incident à la Stib, une agression dans le métro, un contrôle policier qui se passe mal, une fronde d'une partie de population, une évasion violente de prison, une grève d'avocats, d'huissiers, d'experts, de gardiens, pour que les ministres concernés 1) prennent l'ampleur des problèmes 2) clament qu'ils/elles examinent la question 3) annoncent qu'ils/elles ont préparé une note 4) demandent de l'argent pour que les solutions voient le jour. Ce sera une réaction épidermique, on espère pas trop café du commerce, mais on peut difficilement s'empêcher de se demander ce qu'imaginait ce gouvernement lorsqu'il confectionnait et révisait son budget, et si, nous aussi, alors, au fond, on ne pourrait pas "faire" ministre. Puisque le principe de fonctionnement est si simple : donnez-moi l'argent et je vous règle ça en envoyant des troupes sur le terrain.