Un premier vote devrait intervenir dans la soirée mais il ne constituera qu'une étape puisqu'il sera vraisemblablement assorti d'une demande de deuxième lecture avant l'examen en séance plénière, soit un nouveau délai d'environ deux semaines. Les députées de huit partis - PS, sp.a, Ecolo, Groen, MR, Open Vld DéFI et PTB - se sont accordés sur des amendements à une proposition de loi du PS. Le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être pratiquée passerait de 12 à 18 semaines après la conception, l'IVG serait complètement dépénalisé aussi bien pour les femmes que pour les médecins et le délai de réflexion serait réduit de 6 jours à 48 heures. Près de 30 ans après la loi Lallemand-Michielsen qui a dépénalisé partiellement l'avortement en Belgique, les auteures estiment qu'il est temps de moderniser le texte pour répondre aux problèmes actuels, notamment aux quelque 500 à 1.000 femmes qui chaque année vont avorter à l'étranger. Plus fondamentalement, elles veulent aussi donner aux femmes la pleine liberté de disposer de leur corps. La N-VA, le CD&V, le Vlaams Belang et le cdH s'opposent à tout ou partie du texte. Plusieurs questions ont été posées sur le choix des 18 semaines. "Quelle est la motivation des 18 semaines? Pourquoi pas 20 ou 14? Je ne l'ai pas encore entendue. Je sais seulement que l'avortement sera beaucoup plus difficile physiquement et psychologiquement, et que le foetus sera bien plus formé et se rapprochera du seuil de viabilité", a souligné Valérie Van Peel (N-VA). La dépénalisation complète inquiète également les opposants à la proposition. Les partisans font valoir que le droit commun continuera à s'appliquer et que le médecin qui pratique un avortement illégal sera toujours passible de sanctions disciplinaires. Des "circonvolutions", selon Catherine Fonck (cdH): "une loi sans sanction est une loi sans balises ou avec des balises que l'on ne veut guère faire respecter". La question n'est d'ailleurs pas complètement tranchée dans les rangs des partisans. Chez les écologistes flamands, la dépénalisation dans le chef des médecins ne recueille pas l'unanimité. La députée Jessika Soors votera contre cette partie du texte. Mardi, 750 médecins, sages-femmes, infirmiers et psychologues ont publié une carte blanche demandant aux députés de ne pas voter la proposition. Ils redoutent notamment une banalisation de l'avortement. "L'IVG n'est et ne sera jamais un acte banal, tant il touche profondément la femme qui y a recours et qu'il n'est jamais un choix simple ni facile. Le changement de législation a pour but d'encadrer le droit à l'avortement en Belgique et surtout d'améliorer ses conditions d'accès", a répondu dans un communiqué Kattrin Jadin (MR). (Belga)

Un premier vote devrait intervenir dans la soirée mais il ne constituera qu'une étape puisqu'il sera vraisemblablement assorti d'une demande de deuxième lecture avant l'examen en séance plénière, soit un nouveau délai d'environ deux semaines. Les députées de huit partis - PS, sp.a, Ecolo, Groen, MR, Open Vld DéFI et PTB - se sont accordés sur des amendements à une proposition de loi du PS. Le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être pratiquée passerait de 12 à 18 semaines après la conception, l'IVG serait complètement dépénalisé aussi bien pour les femmes que pour les médecins et le délai de réflexion serait réduit de 6 jours à 48 heures. Près de 30 ans après la loi Lallemand-Michielsen qui a dépénalisé partiellement l'avortement en Belgique, les auteures estiment qu'il est temps de moderniser le texte pour répondre aux problèmes actuels, notamment aux quelque 500 à 1.000 femmes qui chaque année vont avorter à l'étranger. Plus fondamentalement, elles veulent aussi donner aux femmes la pleine liberté de disposer de leur corps. La N-VA, le CD&V, le Vlaams Belang et le cdH s'opposent à tout ou partie du texte. Plusieurs questions ont été posées sur le choix des 18 semaines. "Quelle est la motivation des 18 semaines? Pourquoi pas 20 ou 14? Je ne l'ai pas encore entendue. Je sais seulement que l'avortement sera beaucoup plus difficile physiquement et psychologiquement, et que le foetus sera bien plus formé et se rapprochera du seuil de viabilité", a souligné Valérie Van Peel (N-VA). La dépénalisation complète inquiète également les opposants à la proposition. Les partisans font valoir que le droit commun continuera à s'appliquer et que le médecin qui pratique un avortement illégal sera toujours passible de sanctions disciplinaires. Des "circonvolutions", selon Catherine Fonck (cdH): "une loi sans sanction est une loi sans balises ou avec des balises que l'on ne veut guère faire respecter". La question n'est d'ailleurs pas complètement tranchée dans les rangs des partisans. Chez les écologistes flamands, la dépénalisation dans le chef des médecins ne recueille pas l'unanimité. La députée Jessika Soors votera contre cette partie du texte. Mardi, 750 médecins, sages-femmes, infirmiers et psychologues ont publié une carte blanche demandant aux députés de ne pas voter la proposition. Ils redoutent notamment une banalisation de l'avortement. "L'IVG n'est et ne sera jamais un acte banal, tant il touche profondément la femme qui y a recours et qu'il n'est jamais un choix simple ni facile. Le changement de législation a pour but d'encadrer le droit à l'avortement en Belgique et surtout d'améliorer ses conditions d'accès", a répondu dans un communiqué Kattrin Jadin (MR). (Belga)