L'Amcra, qui coopère avec l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) et l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), a été créé en 2012. Le centre de connaissance s'est alors fixé trois objectifs principaux, qui ont ensuite été intégrés, en 2016, dans une convention avec l'Autorité fédérale et 15 entreprises concernées par la réduction de l'usage d'antibiotiques dans le secteur animal.

L'idée d'un tel accord était de réduire l'utilisation d'antibiotiques chez les animaux et, par conséquent, prévenir la résistance aux antibiotiques chez les animaux et donc aussi, indirectement, chez l'homme. La premier objectif qui a été fixé était de réduire de 50% l'utilisation totale d'antibiotiques en médecine vétérinaire d'ici 2020, par rapport à l'année de référence de 2011.

Bien qu'il y ait eu une forte baisse en 2018, la réduction totale d'antibiotiques est aujourd'hui de 35,4%. "Nous n'y sommes donc par encore", a déclaré M. Dewulf. "Mais je suis convaincu que cet objectif pourra un jour être atteint, même si beaucoup d'efforts devront encore être fournis". Les deux autres objectifs de la convention ont, eux, été atteints en 2017. Il s'agissait de réduire de 50% l'utilisation d'antibiotiques dans les aliments médicamenteux et de réduire l'utilisation d'antibiotiques d'importance critique - des antibiotiques à spectre large qui sont aussi utilisés dans la lutte contre les infections bactériennes chez l'homme - de 75% d'ici 2020.

Entre-temps, l'utilisation d'antibiotiques dans les aliments médicamenteux a baissé de 69,8%. L'utilisation d'antibiotiques d'importance critique a, elle, diminué de 79,1% par rapport à 2011. Toutefois, une augmentation ponctuelle de 34,4% a été constatée en 2018 pour ces derniers en raison d'une utilisation accrue chez les poulets de chair et les veaux d'engraissement. La baisse constante, ces dernières années, de l'usage d'antibiotiques d'importance critique a mené à une nette diminution de la résistance aux antibiotiques chez les animaux.

La résistance à l'égard des antibiotiques fréquemment utilisés chez les animaux d'élevage reste, quant à elle, aussi élevée qu'en 2011. "Il est donc fondamental de poursuivre l'effort de réduction d'utilisation de toutes les classes d'antibiotiques", insiste l'Amcra. Dans les secteurs des poulets de chair et des veaux d'engraissement particulièrement, il y encore beaucoup de pain sur la planche. "La diminution de l'usage d'antibiotiques est en grande partie attribuable au secteur porcin, qui est de loin le secteur le plus important", a souligné M. Dewulf. "Par contre, dans les secteurs des poulets en chair et des veaux d'engraissement, nous observons une hausse de l'utilisation d'antibiotiques. Ce n'est pas dramatique mais c'est un point d'attention. Nous avons donc interpellé les secteurs à ce égard."