Durant la campagne électorale, le PS et la N-VA s'étaient lancé des exclusives rendant impossible un gouvernement fédéral avec ces deux formations. Or, PS et N-VA demeurent les premiers partis, les nationalistes au nord du pays, les socialistes au sud. "Je prends acte de la réalité politique à l'issue des élections. Je ne suis pas en train de lancer des exclusives", a indiqué jeudi M. Di Rupo, renvoyant au travail réalisé par les deux informateurs royaux Didier Reynders et Johan Vande Lanotte.

En Région wallonne, les discussions se poursuivent désormais sans le PTB qui a claqué la porte. Le président du PS estime toutefois que la porte leur reste ouverte. Egalement interrogé sur Bel RTL, il a néanmoins dénoncé jeudi le "Hedebouw show" qui a conduit le "Politburo" du parti du travail à prendre, avec son président Peter Mertens, une décision que ne souhaitaient pas ses électeurs, ni même peut-être pas non plus ses nouveaux élus. "On croirait être revenu à l'époque de Staline", a dénoncé le président du PS.

M. Di Rupo ne s'est pas avancé outre mesure sur la forme que pourrait dès lors prendre la coalition en Wallonie. Il a souligné les fortes convergences entre les vingt propositions formulées durant les discussions par les écologistes et le programme du parti socialiste. PS et Ecolo ne disposeraient toutefois pas de la majorité au parlement de Wallonie. Les deux formations pourraient alors s'allier à un troisième partenaire - après les renoncements du cdH et du PTB, il ne reste que le MR - ou chercher un appui au parlement. Tout en ne fermant la porte à aucun parti démocratique, M. Di Rupo a redit la volonté du PS de mettre en oeuvre un programme "le plus progressiste" possible. Or, il y a dans le "peuple de gauche" une "très grande rancoeur à l'égard du MR" qui a "porté atteinte à l'équilibre social", a précisé le président du PS.

A Bruxelles, où la tendance est à la constitution d'un gouvernement PS-Ecolo-DéFI, l'évolution des discussions pourrait connaître une accélération dans les prochaines heures. "Les Bruxellois peuvent certainement avancer", a estimé Elio Di Rupo, rappelant l'autonomie de chaque entité dans le système fédéral belge.

La N-VA n'a pas souhaité réagir officiellement aux propos du président du PS. "Nous observons la plus grande discrétion en ce qui concerne la formation", indique-t-on. Une source au coeur de l'appareil du parti précise cependant que les nationalistes n'ont pas changé de position: ils souhaitent mettre en oeuvre une politique de centre-droit, ce qui est impossible avec le PS.