"De nombreux sans-papiers travaillent dans des métiers en pénurie et la migration pour travailler dans des métiers en pénurie en Belgique est effectivement une filière existante", font valoir les signataires, parmi lesquels des dirigeants de l'Union wallonne des Entreprises (UWE), de BECI (fédération patronale bruxelloise), des syndicats CSC (chrétien) et FGTB (socialiste), ou encore de l'Union des classes moyennes (UCM) et de Sodexo. Depuis 50 jours, quelque 450 personnes mènent une grève de la faim sur les sites de l'ULB et de la VUB et dans l'église du Béguinage à Bruxelles. "Une enquête menée auprès de 200 personnes sans papiers dans l'église du Béguinage a montré que deux tiers d'entre elles travaillaient ici - au noir - dans des métiers en pénurie", font-ils valoir, en soulignant les coûts d'une expulsion et le risque de voir ces personnes retourner dans l'économie souterraine si elles restent sans statut. "Les employeurs de Bruxelles, mais aussi de Flandre et de Wallonie, recherchent désormais désespérément des électriciens, des plombiers, des boulangers, des bouchers, des tailleurs de pierre, des chauffeurs de camion, des infirmières, etc. La crise du covid a ajouté des pénuries aiguës à des secteurs qui étaient déjà confrontés à des pénuries structurelles de main-d'oeuvre. La procédure du permis "unique", version améliorée de l'ancienne carte de travail B, permet de répondre à ces besoins. Il vise à permettre aux employeurs de recruter des personnes à l'étranger (y compris dans des pays tiers comme le Maroc, la Tunisie et l'Algérie) et de les faire venir en Belgique pour exercer ces professions", rappellent les signataires. L'octroi du permis "unique" afin que ces personnes puissent entrer dans une procédure pour travailler dans des métiers en pénurie, et ce depuis la Belgique, nécessite un changement de loi qui a déjà été proposé par le SERV (le conseil socio-économique de la Flandre) en 2017 et qui mérite d'être discuté, même sans grève de la faim, selon ces patrons et syndicats. "Sur le plan juridique, tant le niveau fédéral que les Régions doivent donner leur accord. Les ministres du travail bruxellois et wallon sont déjà favorables à l'idée. L'accord de coalition fédéral prévoit également que la réglementation entourant le permis 'unique' sera adaptée, 'en concertation avec les Régions et les partenaires sociaux, pour répondre aux besoins du marché du travail'. Une solution semble donc à portée de main. Qu'est-ce qu'on attend ?", demandent-ils. La veille, le PS avait appelé le gouvernement fédéral à trouver une solution provisoire par l'octroi de visas de court séjour, ce qui permettrait d'ouvrir un espace de négociation et de dialogue. Mais le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), a répondu en appelant les partis politiques à ne pas susciter de faux espoirs parmi les sans-papiers en grève de la faim. Il travaille à l'installation d'une zone neutre, où les grévistes de la faim pourraient obtenir des éclaircissements sur les procédures existantes. La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) et des organisations patronales flamandes comme le Voka ou l'Unizo ne figurent pas parmi les signataires de cette contribution. (Belga)

"De nombreux sans-papiers travaillent dans des métiers en pénurie et la migration pour travailler dans des métiers en pénurie en Belgique est effectivement une filière existante", font valoir les signataires, parmi lesquels des dirigeants de l'Union wallonne des Entreprises (UWE), de BECI (fédération patronale bruxelloise), des syndicats CSC (chrétien) et FGTB (socialiste), ou encore de l'Union des classes moyennes (UCM) et de Sodexo. Depuis 50 jours, quelque 450 personnes mènent une grève de la faim sur les sites de l'ULB et de la VUB et dans l'église du Béguinage à Bruxelles. "Une enquête menée auprès de 200 personnes sans papiers dans l'église du Béguinage a montré que deux tiers d'entre elles travaillaient ici - au noir - dans des métiers en pénurie", font-ils valoir, en soulignant les coûts d'une expulsion et le risque de voir ces personnes retourner dans l'économie souterraine si elles restent sans statut. "Les employeurs de Bruxelles, mais aussi de Flandre et de Wallonie, recherchent désormais désespérément des électriciens, des plombiers, des boulangers, des bouchers, des tailleurs de pierre, des chauffeurs de camion, des infirmières, etc. La crise du covid a ajouté des pénuries aiguës à des secteurs qui étaient déjà confrontés à des pénuries structurelles de main-d'oeuvre. La procédure du permis "unique", version améliorée de l'ancienne carte de travail B, permet de répondre à ces besoins. Il vise à permettre aux employeurs de recruter des personnes à l'étranger (y compris dans des pays tiers comme le Maroc, la Tunisie et l'Algérie) et de les faire venir en Belgique pour exercer ces professions", rappellent les signataires. L'octroi du permis "unique" afin que ces personnes puissent entrer dans une procédure pour travailler dans des métiers en pénurie, et ce depuis la Belgique, nécessite un changement de loi qui a déjà été proposé par le SERV (le conseil socio-économique de la Flandre) en 2017 et qui mérite d'être discuté, même sans grève de la faim, selon ces patrons et syndicats. "Sur le plan juridique, tant le niveau fédéral que les Régions doivent donner leur accord. Les ministres du travail bruxellois et wallon sont déjà favorables à l'idée. L'accord de coalition fédéral prévoit également que la réglementation entourant le permis 'unique' sera adaptée, 'en concertation avec les Régions et les partenaires sociaux, pour répondre aux besoins du marché du travail'. Une solution semble donc à portée de main. Qu'est-ce qu'on attend ?", demandent-ils. La veille, le PS avait appelé le gouvernement fédéral à trouver une solution provisoire par l'octroi de visas de court séjour, ce qui permettrait d'ouvrir un espace de négociation et de dialogue. Mais le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), a répondu en appelant les partis politiques à ne pas susciter de faux espoirs parmi les sans-papiers en grève de la faim. Il travaille à l'installation d'une zone neutre, où les grévistes de la faim pourraient obtenir des éclaircissements sur les procédures existantes. La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) et des organisations patronales flamandes comme le Voka ou l'Unizo ne figurent pas parmi les signataires de cette contribution. (Belga)