Une foule d'hommes et de femmes se sont rassemblés à Khartoum, dans la ville voisine d'Omdourman, à Madani, à Al-Obeid, à Port-Soudan et à Zalinge, dans le Darfour, théâtre d'un conflit sanglant, exprimant leur soutien aux nouvelles autorités chargées de la transition du pays vers un régime civil. Les rassemblements de lundi commémoraient par ailleurs le soulèvement du 21 octobre 1964 qui avait renversé le chef militaire de l'époque, Ibrahim Abboud. Des banderoles appelant à "dissoudre le Parti du Congrès national"(NCP) ont été brandies par la foule à Khartoum. Les rassemblements, organisés par les Forces pour la liberté et le changement (FLC), fer de lance du mouvement de contestation, demandaient également "justice pour les martyrs" tués pendant le soulèvement de plusieurs mois qui a renversé M. Béchir. M. Béchir et son NCP ont dirigé le Soudan pendant trois décennies à partir de 1989, date à laquelle il est arrivé au pouvoir lors d'un coup d'Etat soutenu par les islamistes. Des manifestations ont éclaté contre son gouvernement en décembre 2018 et se sont rapidement transformées en un mouvement national de contestation qui a finalement conduit à son éviction le 11 avril. Le mouvement de contestation affirme que plus de 250 personnes ont été tuées dans le soulèvement. Les autorités ont donné un nombre plus faible de morts. Actuellement jugé pour corruption, M. Béchir est détenu dans une prison de Khartoum. Plusieurs autres responsables de son gouvernement et de hauts dirigeants du NCP sont également en prison. Le Soudan est maintenant dirigé par un Conseil souverain formé de civils et de militaires, chargé de superviser la transition du pays vers un régime civil, la principale exigence du mouvement de contestation. Le Premier ministre Abdallah Hamdok, un économiste réputé chargé de la gestion quotidienne du pays, doit s'adresser à la nation tard lundi. (Belga)