C'est peu dire que les attentes étaient énormes en ouverture de la 26e conférence de l'Onu sur les changements climatiques. Un évènement repoussé d'un an pour cause de pandémie de Covid-19 et organisé alors que les signaux d'alarme climatique se multiplient tragiquement. En prélude à la COP26, le G20, dont les pays membres pèsent 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a confirmé politiquement le principal objectif de l'accord de Paris: à savoir contenir bien en-deça de +2°C et si possible à +1,5°C le réchauffement mondial par rapport à l'ère pré-industrielle. Là aussi, il y a eu dissonances entre ceux qui ont salué les résultats du sommet des 20 principales économies mondiales et ceux qui ont fustigé un manque d'ambition et de sens de l'urgence. La COP26 a généré d'entrée de jeu une série d'annonces, lancée par la présence de quelque 120 chefs d'État et de gouvernement dans la métropole écossaise. Ainsi, une centaine de pays, qui abritent 85% des forêts dans le monde, se sont engagés à mettre un terme à la déforestation. Près de 20 milliards de dollars (privés et publics), soit plus de 17 milliards d'euros, dont 200 millions de la Belgique sur cinq ans, sont mis sur la table pour concrétiser cette promesse essentielle pour préserver d'immenses puits de carbone. Mais certains observateurs ont fait remarquer qu'un semblable accord en 2014 n'avait pas réussi à freiner la déforestation. Le lendemain, plus de 80 pays se sont engagés, à l'initiative de l'Union européenne et des États-Unis, à réduire leurs émissions de méthane de 30% d'ici 2030 par rapport à 2020. Cet autre gaz à effet de serre, deuxième cause du réchauffement après le CO2, a un potentiel de réchauffement beaucoup plus élevé que le dioxyde de carbone. Réduire ses émissions pourrait donc aider à rapprocher le monde des objectifs de Paris. Jeudi, ce sont une vingtaine de pays, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et plusieurs États européens, ainsi que la Banque européenne d'investissements, qui ont annoncé vouloir cesser d'ici la fin 2022 le financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans technique de capture de CO2. D'aucuns ont même évoqué "le début de la fin du charbon", énergie fossile parmi les plus polluantes. Autres annonces dans le cadre de cette COP26: le Brésil a revu ses objectifs climatiques à la hausse, de même que l'Inde, troisième plus gros pollueur mondial, qui vise désormais la neutralité carbone en 2070. D'autres engagements ont porté sur le verdissement de la finance, levier essentiel, ou sur l'agriculture, importante source de méthane, mais tout cela n'empêche pas les citoyens de manifester en nombre, aux quatre coins du monde, et les ONG environnementales de faire la moue. Pour Greenpeace, "la semaine a été rude pour les entreprises actives dans les combustibles fossiles, mais pas encore assez, et il faudrait que cela empire encore pour ces entreprises avant que l'on puisse qualifier Glasgow de succès". Quant à Greta Thunberg, son discours est sans ambages et son constat implacable. "Glasgow est un échec", estime-t-elle, alors que la COP26 n'est même pas encore terminée. Pour la jeune Suédoise, la conférence climat est la célébration du "business as usual", du "blabla" et un "festival de greenwashing". La seconde semaine de la COP marquera l'arrivée des ministres et les arbitrages politiques. La ministre fédérale Zakia Khattabi et les ministres wallon Philippe Henry et bruxellois Alain Maron (la Flamande Zuhal Démir a renoncé à se rendre à Glasgow, son chef de cabinet ayant contracté le Covid-19) représenteront la Belgique. Un accord pourrait être trouvé sur la mise en oeuvre de l'article 6 de l'accord de Paris, qui permet la mise en place de marchés internationaux du carbone, mais rien n'est moins sûr, après les échecs de Madrid (COP25) et Katowice (COP24) sur ce point. Quoi qu'il en soit, il apparaît peu probable qu'un éventuel accord à ce sujet soit suffisant pour faire de Glasgow un succès, alors qu'aux dernières nouvelles, la planète se dirige toujours tout droit vers un réchauffement dramatique dépassant allègrement les 2°C. (Belga)

C'est peu dire que les attentes étaient énormes en ouverture de la 26e conférence de l'Onu sur les changements climatiques. Un évènement repoussé d'un an pour cause de pandémie de Covid-19 et organisé alors que les signaux d'alarme climatique se multiplient tragiquement. En prélude à la COP26, le G20, dont les pays membres pèsent 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a confirmé politiquement le principal objectif de l'accord de Paris: à savoir contenir bien en-deça de +2°C et si possible à +1,5°C le réchauffement mondial par rapport à l'ère pré-industrielle. Là aussi, il y a eu dissonances entre ceux qui ont salué les résultats du sommet des 20 principales économies mondiales et ceux qui ont fustigé un manque d'ambition et de sens de l'urgence. La COP26 a généré d'entrée de jeu une série d'annonces, lancée par la présence de quelque 120 chefs d'État et de gouvernement dans la métropole écossaise. Ainsi, une centaine de pays, qui abritent 85% des forêts dans le monde, se sont engagés à mettre un terme à la déforestation. Près de 20 milliards de dollars (privés et publics), soit plus de 17 milliards d'euros, dont 200 millions de la Belgique sur cinq ans, sont mis sur la table pour concrétiser cette promesse essentielle pour préserver d'immenses puits de carbone. Mais certains observateurs ont fait remarquer qu'un semblable accord en 2014 n'avait pas réussi à freiner la déforestation. Le lendemain, plus de 80 pays se sont engagés, à l'initiative de l'Union européenne et des États-Unis, à réduire leurs émissions de méthane de 30% d'ici 2030 par rapport à 2020. Cet autre gaz à effet de serre, deuxième cause du réchauffement après le CO2, a un potentiel de réchauffement beaucoup plus élevé que le dioxyde de carbone. Réduire ses émissions pourrait donc aider à rapprocher le monde des objectifs de Paris. Jeudi, ce sont une vingtaine de pays, dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et plusieurs États européens, ainsi que la Banque européenne d'investissements, qui ont annoncé vouloir cesser d'ici la fin 2022 le financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans technique de capture de CO2. D'aucuns ont même évoqué "le début de la fin du charbon", énergie fossile parmi les plus polluantes. Autres annonces dans le cadre de cette COP26: le Brésil a revu ses objectifs climatiques à la hausse, de même que l'Inde, troisième plus gros pollueur mondial, qui vise désormais la neutralité carbone en 2070. D'autres engagements ont porté sur le verdissement de la finance, levier essentiel, ou sur l'agriculture, importante source de méthane, mais tout cela n'empêche pas les citoyens de manifester en nombre, aux quatre coins du monde, et les ONG environnementales de faire la moue. Pour Greenpeace, "la semaine a été rude pour les entreprises actives dans les combustibles fossiles, mais pas encore assez, et il faudrait que cela empire encore pour ces entreprises avant que l'on puisse qualifier Glasgow de succès". Quant à Greta Thunberg, son discours est sans ambages et son constat implacable. "Glasgow est un échec", estime-t-elle, alors que la COP26 n'est même pas encore terminée. Pour la jeune Suédoise, la conférence climat est la célébration du "business as usual", du "blabla" et un "festival de greenwashing". La seconde semaine de la COP marquera l'arrivée des ministres et les arbitrages politiques. La ministre fédérale Zakia Khattabi et les ministres wallon Philippe Henry et bruxellois Alain Maron (la Flamande Zuhal Démir a renoncé à se rendre à Glasgow, son chef de cabinet ayant contracté le Covid-19) représenteront la Belgique. Un accord pourrait être trouvé sur la mise en oeuvre de l'article 6 de l'accord de Paris, qui permet la mise en place de marchés internationaux du carbone, mais rien n'est moins sûr, après les échecs de Madrid (COP25) et Katowice (COP24) sur ce point. Quoi qu'il en soit, il apparaît peu probable qu'un éventuel accord à ce sujet soit suffisant pour faire de Glasgow un succès, alors qu'aux dernières nouvelles, la planète se dirige toujours tout droit vers un réchauffement dramatique dépassant allègrement les 2°C. (Belga)