Un couple homosexuel, installé au parc résidentiel de la Gayolle depuis 2014, y était régulièrement la cible de jets de pierre et d'insultes de la part de ses voisins, dont des mineurs. Le 19 mars 2016, las, l'une des victimes s'est rendue chez le père d'un jeune afin que ces comportements cessent. Une altercation s'en était suivie et un coup avait été porté. Plus tard, un second prévenu avait injurié le couple d'hommes mariés.

Poursuivis pour coups et blessures et harcèlement à caractère homophobes, les deux prévenus ont été condamnés mardi matin par le tribunal correctionnel de Dinant à une peine de travail de 200 heures pour le premier et à une peine de six mois de prison avec sursis pour le second.

"Cette condamnation montre que les personnes LGBT victimes de violence, de harcèlement ou de discrimination ont la loi de leur côté. C'est aussi le signal que la société n'est plus prête à tolérer la violence contre les personnes LGBT", s'est réjoui mardi le directeur d'Unia, Patrick Charlier.

"En 2018 nous avons ouvert 125 dossiers, soit une hausse de 38% par rapport aux cinq années précédentes", a poursuivi M. Charlier. Si le tabou vis-à-vis des personnes homosexuelles est en train de tomber progressivement, estime-t-il, "cela ne signifie pas que les agressions à l'encontre des LGBT ont disparu".

"Un couple de même sexe doit pouvoir vivre dans le quartier de son choix sans être en bute à des comportements de harcèlement. Cette décision donne un signal encourageant à d'autres victimes de tels actes", a conclu le directeur d'Unia.