Le gouvernement fédéral n'a pu faire voter un budget avant sa chute, provoquée par le départ de la N-VA, a rappelé M. Michel. Et lorsqu'il a "tendu la main" aux autres formations démocratiques, à commencer par le PS, celles-ci se sont détournées, a-t-il expliqué sur le plateau de RTL-TVi.

Depuis lors, les finances publiques dérapent et le déficit public se creuse à nouveau.

"Cela me met en colère. Au moment où le gouvernement est tombé, on était parvenu à diviser par trois le déficit structurel de la Belgique. Et tant la N-VA que certains partis, le PS notamment, n'ont pas permis le vote d'un budget 2019 (...) Il y a une grande responsabilité dès lors qu'à la fin 2018, la N-VA décide de faire tomber le gouvernement. Et, lorsque je tends la main à tous les partis démocratiques, le PS notamment, ils refusent le vote d'un budget. En refusant ce vote, nous nous retrouvons dans une situation où on ne peut pas prendre les mesures pour tenir nos comptes sous contrôle", a déclaré M. Michel qui met cette attitude sur le compte d'une "surenchère préélectorale".

Cette version donnée par le Premier ministre des événements du mois de décembre a fait réagir M. Laaouej qui juge ces propos aussi "scandaleux" que "ridicules" car ils sont dénués de "toute réalité".

"Si on en est là, c'est parce que Charles Michel n'a pas pu faire tenir son gouvernement. Ce qui a empêché le vote d'un budget, c'est bel et bien la chute du gouvernement", a fait remarquer M. Laaouej.

"L'aggravation du déficit public est le résultat de la politique économique désastreuse du gouvernement qui a fait de la Belgique le plus mauvais élève de la classe européenne sur le plan de la croissance économique", a-t-il ajouté.

La réplique a fait à son tour bondir la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR) qui a rappelé les mesures prises par le gouvernement pour juguler certaines dépenses, notamment celles des pensions. Quant à la détérioration de la croissance, elle est la conséquence directe d'un contexte international instable, a-t-elle fait remarquer avant d'appeler une nouvelle fois à l'ouverture de négociations en vue de former rapidement un gouvernement fédéral.