Au Parti socialiste, chacun se compte en vue du congrès du 2 juillet, qui, sur la question du décumul, voit s'opposer deux camps. Le premier prône le décumul intégral (un homme, un mandat) dès 2018-2019, tandis que le second promeut un décumul financier, qui autoriserait les parlementaires à cumuler avec un mayorat ou un échevinat, à condition qu'ils ne perçoivent pour ce second mandat aucune rémunération.
...

Au Parti socialiste, chacun se compte en vue du congrès du 2 juillet, qui, sur la question du décumul, voit s'opposer deux camps. Le premier prône le décumul intégral (un homme, un mandat) dès 2018-2019, tandis que le second promeut un décumul financier, qui autoriserait les parlementaires à cumuler avec un mayorat ou un échevinat, à condition qu'ils ne perçoivent pour ce second mandat aucune rémunération. Ce sont les militants socialistes qui imposeront leur choix au parti. Ceux-ci doivent se prononcer pour l'une ou l'autre des deux options au sein de leurs Unions socialistes communales. Les délégués des USC, eux, doivent remonter les résultats vers leur fédération d'arrondissement, qui les transmettra alors au congrès national. Chaque fédération disposera là d'un certain nombre de suffrages (la plus grande, Liège, en aura 78, la plus petite, celle de la Communauté germanophone, 4), proportionnel à son nombre d'adhérents, et elle devra les partager en fonction du positionnement des USC qui la composent. Il faudra recueillir 177 des 353 mandats du congrès.Par exemple, vendredi soir, la fédération bruxelloise s'est prononcée à deux tiers en faveur du décumul intégral : 14 de ses 21 mandats iront en sa faveur, contre 7 en celle du décumul financier. Celle de Huy-Waremme, elle, apportera 2 suffrages au décumul intégral, et 17 au décumul financier. Celle de Mons-Borinage répartira ses 41 mandats à 60% pour le décumul financier contre 40 pour le décumul intégral. Bref, on le voit, le PS est très divisé sur la question de sa base vers son sommet, dans toutes les sections locales, dans toutes les unions socialistes communales, et dans toutes les fédérations. Toutes, sauf une, en fait. Celle de Paul Magnette, Charleroi, amènera en effet 61 voix, le 2 juillet, dans l'escarcelle des défenseurs du décumul intégral. Il faut dire que le ministre-président wallon s'est lancé corps et âme dans ce combat, et qu'il est entré violemment en conflit sur cette question avec une frange importante-certains disent majoritaire- des parlementaires socialistes, qu'ils cumulent ou pas avec un mandat local. Une défaite au congrès serait personnellement cuisante pour Paul Magnette, en plus d'être politiquement catastrophique pour le PS, à l'heure ou depuis l'appel de Benoît Lutgen toutes les formations se font concurrence sur ces questions de gouvernance. Sans doute est-ce pour cela que Paul Magnette, aidé d'Eric Massin, président de la fédération socialiste de Charleroi ont sorti le grand jeu samedi matin, à Chapelle-lez-Herlaimont, où les délégués étaient invités à faire rapport sur le choix de leurs sections locales. "C'est simple : comme le vote se fait à main levée, ils ont mis une pression maximum avant en pendant leurs discours, que personne n'a osé contredire...et puis, ils se sont arrangés pour que tout ce que le cabinet Magnette compte d'attachés se fasse donner les cartons de vote, au nom de leurs USC ", raconte un participant opposé au décumul intégral mais qui ne s'exprimera pas à visage découvert, "ou alors après le 2 juillet, enfin on verra, hum hum...".Sur l'arrondissement pourtant, aux moins trois des quatorze communes préféraient le décumul financier au décumul intégral : Farciennes, Fleurus et Aiseau-Presles. Si leurs délégués avaient fidèlement répercuté ce choix, jamais la fédération n'aurait pu afficher cette si surprenante unanimité. Or voila : Aiseau-Presles "n'a pas assumé : ni le bourgmestre Jean Fersini, ni les députées Ozlem Ozen et Graziana Trotta n'étaient là", dit, amusé, un proche de Paul Magnette. Le bourgmestre de Fleurus, Jean-Luc Borremans, n'a, fort courageusement, levé aucun carton : ni le rouge pour l'acceptation, ni le bleu pour le refus, ni le blanc pour l'abstention. Et personne ne sait où étaient les Farciennois... Résultat, donc, "aucun carton bleu ni aucun blanc face à la proposition de décumul intégral, donc unanimité en sa faveur", explique Eric Massin, président fédéral. "La procédure a été respectée", juge-t-il. Et ces 61 mandats pourraient faire basculer le parti dans son ensemble vers le décumul intégral, dimanche prochain. Quant aux délégués qui ont trahi le vote des militants de leurs sections locales, "Ca, c'est leur problème", conclut, fort délicatement, un autre mandataire carolorégien. Le renouveau est en marche.