Tom Bishop, directeur du centre de civilisation et culture françaises à l'université de New York (NYU), a confirmé le décès de Serge Doubrovsky. "Je suis très ému par cette disparition. C'était quelqu'un qui comptait, un homme tout à fait extraordinaire. Un homme difficile aussi. Il n'était pas commode (...) C'était un grand professeur et, j'estime, un grand écrivain", a-t-il déclaré. Avec la parution en 1977 de "Fils", son troisième roman, Serge Doubrovsky a posé les fondations de l'autofiction, un genre entre autobiographie et fiction qui a fait florès dans la littérature avec des représentants comme les Françaises Annie Ernaux et Christine Angot. L'autofiction "existait avant moi. Simplement, je lui ai donné un nom et je l'ai conceptualisée", expliquait Serge Doubrovsky en 2014 dans une interview au magazine français Télérama. Avant cela, écrire sur soi "était plutôt vu comme des accidents littéraires dans la vie et la bibliographie d'auteurs dont le reste de l'oeuvre était souvent très différent", poursuivait-il, en revenant sur ce néologisme qui a fait sa renommée. Né le 22 mai 1928 à Paris dans une famille juive, Julien-Serge Doubrovsky de son nom complet, est le fils d'un tailleur et d'une secrétaire. Pendant les années d'Occupation, il échappe avec sa famille à la déportation en se cachant. Brillant élève, il entre à l'Ecole normale supérieure au sortir de la guerre et obtient l'agrégation d'anglais. Spécialiste des dramaturges français Racine, Molière et Corneille, il est nommé professeur de littérature française à l'université de New York (NYU) en 1966. Il fera l'essentiel de sa carrière aux Etats-Unis avant de revenir en France vers 2007. Il publie son premier roman, "Le jour S", en 1963 mais c'est "Fils" qui marque un tournant dans sa carrière. Dans ce roman, l'auteur tente de dénouer les fils de sa vie, sur le divan, et s'interroge sur son statut de fils. Auteur d'une dizaine de romans et d'essais, Serge Doubrovsky avait notamment reçu en 1989 le prix Médicis, l'un des plus prestigieux de la scène littéraire française, pour "Le livre brisé". (Belga)

Tom Bishop, directeur du centre de civilisation et culture françaises à l'université de New York (NYU), a confirmé le décès de Serge Doubrovsky. "Je suis très ému par cette disparition. C'était quelqu'un qui comptait, un homme tout à fait extraordinaire. Un homme difficile aussi. Il n'était pas commode (...) C'était un grand professeur et, j'estime, un grand écrivain", a-t-il déclaré. Avec la parution en 1977 de "Fils", son troisième roman, Serge Doubrovsky a posé les fondations de l'autofiction, un genre entre autobiographie et fiction qui a fait florès dans la littérature avec des représentants comme les Françaises Annie Ernaux et Christine Angot. L'autofiction "existait avant moi. Simplement, je lui ai donné un nom et je l'ai conceptualisée", expliquait Serge Doubrovsky en 2014 dans une interview au magazine français Télérama. Avant cela, écrire sur soi "était plutôt vu comme des accidents littéraires dans la vie et la bibliographie d'auteurs dont le reste de l'oeuvre était souvent très différent", poursuivait-il, en revenant sur ce néologisme qui a fait sa renommée. Né le 22 mai 1928 à Paris dans une famille juive, Julien-Serge Doubrovsky de son nom complet, est le fils d'un tailleur et d'une secrétaire. Pendant les années d'Occupation, il échappe avec sa famille à la déportation en se cachant. Brillant élève, il entre à l'Ecole normale supérieure au sortir de la guerre et obtient l'agrégation d'anglais. Spécialiste des dramaturges français Racine, Molière et Corneille, il est nommé professeur de littérature française à l'université de New York (NYU) en 1966. Il fera l'essentiel de sa carrière aux Etats-Unis avant de revenir en France vers 2007. Il publie son premier roman, "Le jour S", en 1963 mais c'est "Fils" qui marque un tournant dans sa carrière. Dans ce roman, l'auteur tente de dénouer les fils de sa vie, sur le divan, et s'interroge sur son statut de fils. Auteur d'une dizaine de romans et d'essais, Serge Doubrovsky avait notamment reçu en 1989 le prix Médicis, l'un des plus prestigieux de la scène littéraire française, pour "Le livre brisé". (Belga)