Beaucoup de jeunes Flamands prennent non seulement à leur charge une proportion importante des tâches ménagères, mais prennent aussi soin de leur père ou de leur mère. 20.000 à 40.000 d'entre eux sont de jeunes aidants proches (ou aidants naturels), qui aident un parent atteint d'un handicap ou d'une maladie chronique. Pour les autres, il s'agit de graves problèmes de santé mentale ou d'addiction. Personne ne connait précisément la grandeur de ce dernier groupe, mais des estimations basées sur des chiffres néerlandais estiment que cela concerne plusieurs centaines de milliers d'enfants. En raison de la croissance du nombre de familles monoparentales et du fait que les maladies chroniques et les problèmes psychiques sont en hausse, le groupe de jeunes aidants proches croît année après année.

La plupart des enfants qui endossent seuls une partie des responsabilités parentales le font sans que personne ne le sache. Bien souvent, ces enfants ne se rendent pas compte que leur situation n'est pas de l'ordre du 'normal'. D'autres ont honte, craignent d'être victimes de stigmatisation ou de harcèlement, ou pensent que leur famille sera mise de côté si quelqu'un remarque à quel point leur père ou leur mère est en mauvais état. Donc, ils restent silencieux.

Problèmes physiques et psychologiques

Le fait qu'un enfant doive porter autant de responsabilités dans le silence peut avoir des conséquences importantes. Pour commencer, beaucoup de jeunes aidants proches doivent affronter des problèmes physiques. Ils dorment mal, se sentent fatigués, ont mal à l'estomac ou à la tête, et ont des douleurs articulaires et dorsales. Certains se sentent constamment épuisés et sont régulièrement malades. En outre, cela peut également engendrer des problèmes psychologiques, notamment chez les enfants qui prennent soin d'un parent atteint d'une maladie mentale. De plus, reprendre le rôle des parents peut avoir un grand impact sur le développement d'un enfant.

Malgré les objections fondées sur le principe et la pratique, il est inévitable que certains enfants doivent prendre soin de leur père ou de leur mère. Il est donc impératif qu'ils soient mieux aidés et soutenus. Cela inclut notamment l'enseignement, qui peut jouer un rôle important. Avec tout le travail qu'ils font à la maison, les jeunes aidants proches n'ont pas assez de temps pour faire leurs devoirs et doivent parfois manquer un jour d'école car leur mère ou leur père n'est pas en état de rester seul. Ils ne se considèrent pas comme des absentéistes, mais seront vus et traités comme tel. "Nous constatons que de nombreux enseignants et directeurs ont des difficultés à faire des exceptions", déclare le Commissaire aux Droits de l'Enfant de la Communauté flamande, Bruno Vanobbergen. "Toutefois, il serait possible de faire en sorte qu'il y ait de petits ajustements pour que ces enfants puissent combiner plus facilement les tâches à la maison avec leurs études".