S'abritant derrière des planches, des hommes cagoulés lançaient pierres et fusées artisanales aux abords du Parlement en direction de la police, qui répliquait avec du gaz lacrymogène et avait déployé des véhicules anti-émeutes. "Assassins", criaient aux policiers les manifestants, bâtons en main et drapeau de l'Equateur sur les épaules, au milieu d'un épais nuage de fumée. Par ailleurs, un millier d'indiens d'Amazonie, arrivés vendredi à Quito avec des lances, ont rejoint la mobilisation des peuples autochtones, en pointe de la contestation sociale, dans la capitale, a annoncé Apawki Castro, porte-parole de la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie). La principale organisation indigène du pays a rejeté jeudi le dialogue avec le gouvernement de Lenin Moreno, appelant à "radicaliser les actions", alors que cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations, ont annoncé jeudi les services du Défenseur du peuple, un organisme d'Etat. Ce dernier avait également dénombré 554 blessés et fait état de 929 arrestations. L'état d'urgence a été décrété pour 60 jours, tout comme un couvre-feu autour des institutions du pouvoir, afin que les forces armées puissent rétablir l'ordre. Au total, 74.000 militaires et policiers ont été déployés. Le gouvernement a de son côté indiqué jeudi que 133 policiers avaient été blessés. Ce mouvement social, marqué par des blocages de routes et de puits pétroliers en Amazonie, des manifestations parfois violentes et des grèves, est inédit dans le petit pays andin depuis 2007. Le 1er octobre, le président Lenin Moreno, élu sous l'étiquette socialiste, avait annoncé qu'il cessait de subventionner les carburants les moins chers et les plus utilisés dans le cadre d'un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit une aide de 4,2 milliards de dollars en échange de réformes. (Belga)