En 2015, sous l'intitulé Contrat de développement territorial, la province du Brabant wallon entamait une large réflexion, avec les communes et les acteurs supracommunaux, en vue de mettre en place une stratégie visant un développement territorial optimal et cohérent. Pour Mathieu Michel (MR), président du Collège provincial, " il s'agissait de prévenir les problèmes du futur en établissant un diagnostic sur les vingt-sept communes et de développer une stratégie à l'échelle de tout le territoire pour répondre à l'ensemble des enjeux. En Brabant wallon, il n'y a pas de grandes villes, mais des espaces catalyseurs. Les bipôles que forment Wavre et Ottignies-Louvain-la-Neuve sur la E411, et Waterloo et Braine-l'Alleud sur le ring connaissent une forte tension en matière de bâti et de mobilité. Il y a aussi les communes polarisantes telles que Tubize, Nivelles et Jodoigne, où la population estudiantine double le nombre de personnes présentes sur le territoire en période scolaire. Développer une vision stratégique signifie que l'on suggère des pistes, des nouveaux paradigmes de développement, en partant d'une réflexion d'ensemble pour le territoire et d'une stratégie concertée avec les communes. L'enjeu est de reconnecter lieu de travail et lieu d'habitation. "
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En 2015, sous l'intitulé Contrat de développement territorial, la province du Brabant wallon entamait une large réflexion, avec les communes et les acteurs supracommunaux, en vue de mettre en place une stratégie visant un développement territorial optimal et cohérent. Pour Mathieu Michel (MR), président du Collège provincial, " il s'agissait de prévenir les problèmes du futur en établissant un diagnostic sur les vingt-sept communes et de développer une stratégie à l'échelle de tout le territoire pour répondre à l'ensemble des enjeux. En Brabant wallon, il n'y a pas de grandes villes, mais des espaces catalyseurs. Les bipôles que forment Wavre et Ottignies-Louvain-la-Neuve sur la E411, et Waterloo et Braine-l'Alleud sur le ring connaissent une forte tension en matière de bâti et de mobilité. Il y a aussi les communes polarisantes telles que Tubize, Nivelles et Jodoigne, où la population estudiantine double le nombre de personnes présentes sur le territoire en période scolaire. Développer une vision stratégique signifie que l'on suggère des pistes, des nouveaux paradigmes de développement, en partant d'une réflexion d'ensemble pour le territoire et d'une stratégie concertée avec les communes. L'enjeu est de reconnecter lieu de travail et lieu d'habitation. " Au 1er janvier 2019, le nombre d'habitants dans le Brabant wallon était de 403 599. Les communes les plus peuplées étaient Braine-l'Alleud (40 000 habitants), Wavre (34 400), Ottignies-Louvain-la-Neuve (31 500) et Waterloo (30 300). En 2035, la population du Brabant wallon devrait atteindre 435 000 habitants. Braine-l'Alleud et Waterloo devraient voir croître leur population de 3 000 habitants et Wavre de plus de 2 000. Ces trois dernières communes sont aussi les plus densément peuplées. Waterloo est urbanisée à plus de 50 %, Wavre et Ottignies-Louvain-la-Neuve à plus de 30 %, l'ensemble du territoire provincial l'étant à 18,9 %. Mais en termes relatifs, d'ici à 2033, les plus fortes croissances devraient s'observer dans l'est de la province, où la densité de population est la moins grande aujourd'hui. En moyenne, le Brabant wallon devrait voir grossir sa population de 8 % en nombre d'habitants mais de 13 % en nombre de ménages (contre 5 et 9 % en Wallonie). L'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) établit toutefois une mise en garde méthodologique. Les projections démographiques communales sont effectuées à partir de l'évolution des caractéristiques démographiques (fécondité, mortalité et migrations) réellement observées au cours des dernières années. Des politiques communales volontaristes pourraient inverser les tendances observées. Avec 1 400 habitants par km2, Waterloo est la commune la plus densément peuplée du Brabant wallon, alors que la province affiche près de 370 habitants par km2 et la Wallonie 215. D'après les projections de l'Iweps, le nombre de ménages devrait encore y augmenter de 13 % d'ici à 2033. Pour Florence Reuter, bourgmestre libérale, la commune ne dispose plus de place pour accueillir de nouveaux logements. " Nous sommes un peu à contre-courant de la politique wallonne et brabançonne. Waterloo a effectué sa part en créant énormément de logements ces trente dernières années. Nous sommes constamment sollicités par des promoteurs immobiliers, mais construire de nouveaux appartements sans solution de mobilité est impossible, inacceptable. Le seul endroit où on peut ajouter du logement est le centre-ville pour lequel nous avons conçu un masterplan et établi une Zone d'enjeu communal. Ce pourrait être du logement moyen, pour permettre aux jeunes ménages de rester à Waterloo et faire vivre le centre. " Permettre à de jeunes ménages de rester ou de s'installer, c'est un enjeu pour toutes les communes de la province. La pression foncière est telle que la plupart des logements leur sont inaccessibles. Dans sa Déclaration de politique communale, Ottignies-Louvain-la-Neuve se fixe comme objectif majeur de maintenir une mixité sociale et démographique en garantissant l'existence de suffisamment de logements accessibles et adaptés à tous les publics, quels que soient l'âge et les revenus. La ville réaffirme sa volonté d'offrir au moins 10 % de logements publics sur le territoire communal, via les Sociétés de logement public et avec l'aide des promoteurs privés. En Brabant wallon, en 2017, seules Nivelles, Chastres et Ottignies-Louvain-la-Neuve passaient la barre des 10 % de ménages vivant en logement public. Julie Chantry (Ecolo), bourgmestre d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, souligne qu'il faut être superproductif pour maintenir cette proportion alors que de nombreux projets immobiliers voient le jour. " Pour les jeunes ménages, le conseil communal de mars a aussi décidé d'octroyer une prime au logement calquée sur la prime provinciale. Selon certains critères de revenus et de valeur vénale du bien à acquérir, pendant trois ans, les jeunes ménages reçoivent de la province une prime mensuelle de 100 euros pour les aider à payer le crédit hypothécaire. La Ville la doublera. A terme, elle pourrait fixer des critères moins sévères. Notamment en élevant le plafond de la valeur vénale maximale du bien. Les années précédentes, la province a octroyé une quinzaine de primes. " Wavre, chef-lieu du BW, entend augmenter le nombre de logements publics (en 2017, 4,76 % des ménages wavriens en occupaient un), encourager les propriétaires de logements inoccupés à les louer via l'Agence immobilière sociale (AIS) et inciter les propriétaires privés à réaménager et réaffecter au logement les étages des commerces. " La Ville encourage la rénovation des bâtiments existants, particulièrement dans le centre, souligne la bourgmestre Françoise Pigeolet (MR). C'est là que se concentrent le plus de bâtiments à vocation commerciale dont les étages sont inoccupés. Si nous voulons mettre à disposition du logement, qualitatif, conserver l'attractivité du centre pour ces logements et augmenter la fréquentation des commerces, il est impératif de densifier le centre-ville. " Braine-l'Alleud, où 3 % des ménages vivent dans un logement public, a choisi de redéfinir deux périmètres de revitalisation urbaine au niveau du plateau de la gare et du parking de l'hôpital, afin d'y construire des logements de qualité, accessibles à tous. La croissance démographique entraîne aussi des besoins croissants en termes de mobilité. A Ottignies, David da Câmara Gomes (Ecolo), échevin de la mobilité, souligne que " le parc automobile croît plus vite que la population de la ville. Entre 2011 et 2016, la population a augmenté de 500 habitants (+1,6 %) et le nombre de voitures de 707 véhicules (+5,2 %). " S'il faut loger les nouveaux ménages, il faudra leur permettre de circuler librement, tout en favorisant des alternatives au trafic automobile.