Dilbeek, " waar Vlamingen thuis zijn ". Le mot de bienvenue est élevé en art de vivre dans ce coin de la périphérie flamande dépourvu de facilités linguistiques. A l'intention des éventuels distraits, francophones de préférence, la piqûre de rappel s'affiche même en lettres géantes au sommet du centre culturel, voisin de l'imposant " kasteel de Viron ", qui tient lieu de maison communale.
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Dilbeek, " waar Vlamingen thuis zijn ". Le mot de bienvenue est élevé en art de vivre dans ce coin de la périphérie flamande dépourvu de facilités linguistiques. A l'intention des éventuels distraits, francophones de préférence, la piqûre de rappel s'affiche même en lettres géantes au sommet du centre culturel, voisin de l'imposant " kasteel de Viron ", qui tient lieu de maison communale. Mais depuis quelque temps, le slogan a du plomb dans l'aile. Pour des raisons indépendantes de toute volonté francophone. Il a suffi d'un transfuge flamand, passé voici un an du CD&V à l'Open VLD, pour faire basculer le centre de gravité de la politique communale. Depuis lors, la majorité N-VA - CD&V/DNA ! - Groen/SP.A se retrouve en minorité (17 sièges), alors que l'opposition Open VLD et UF (Union des francophones) lui est supérieure en nombre (18 élus). Et, de ce fait, en mesure de dicter sa loi, pour peu qu'elle unisse ses forces. L'inimaginable au plat pays s'est produit cet été. Les libéraux flamands ont ainsi pu décrocher une baisse de la fiscalité communale avec le concours des quatre élus francophones. Sous le regard épouvanté de la coalition toujours aux commandes. Le sang des flamingants les plus chatouilleux n'a fait qu'un tour. Des Flamands en arriveraient à pactiser avec l'ennemi francophone pour arriver à leurs fins. C'est donc ici, au " kasteel de Viron ", que le 27 juin dernier, jour de conseil communal, les Flamands de Dilbeek s'empoignèrent. Que l'on a vu des activistes prendre possession des escaliers menant à l'hôtel de ville, y déployer un calicot clamant en français " Union fait la farce ! " et houspiller à leur arrivée les " traîtres " en casaque bleue. On a ensuite eu droit, en séance, à la distribution de petits drapeaux noir et jaune dans les rangs des élus Open VLD. Ce qui eut le don de faire sortir de ses gonds le toujours bouillant Jef Valkeniers malgré ses 84 ans, cet ex-VU passé à l'Open VLD et vétéran du combat flamand parti jeter son exemplaire à la figure du mayeur N-VA Willy Segers. Mardi 5 septembre, c'était jour de rentrée du conseil communal, après des vacances mises à profit pour reprendre ses esprits. Pas un trublion flamingant à l'horizon, calme plat en séance. Rien qui puisse laisser deviner le mélodrame survenu deux mois plus tôt. Fidèle au poste, Jef Valkeniers commentait l'événement : " Me faire ça à moi, le bourgmestre qui ait oeuvré à faire de Dilbeek la commune "waar vlamingen thuis zijn". Venir me narguer avec un drapeau flamand dont je porte partout les couleurs depuis quarante ans. Pur geste de frustration de la part de la N-VA qui ne fait rien sur le plan communautaire. Niks ! Ni au niveau fédéral, ni au niveau communal ! " Au balcon francophone, on compte placidement les coups. " Nous nous retrouvons dans un rôle inédit d'arbitre ", s'amuse Michel Dandoy, l'un des quatre élus UF. Qui s'interdisent de rêver : " Il n'existe aucune alliance avec les libéraux. Jamais ils ne s'acoquineront avec nous sur des points de nature communautaire. Nous restons politiquement des pestiférés. " Dilbeek garde le cap.