Depuis qu'il a obtenu la démission, le 2 avril, du président Abdelaziz Bouteflika, le "Hirak", mouvement de contestation inédit du régime né le 22 février, ne faiblit pas et continue de manifester chaque semaine pour réclamer le démantèlement du "système" au pouvoir depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962. Il exige notamment le départ de tous les responsables des 20 ans de présidence Bouteflika, en tête desquels le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, et le chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah, refusant qu'ils organisent le scrutin destiné à élire le successeur du président déchu. "Gaïd Salah dégage! ", "Pas de vote cette année! ", scandaient les manifestants à l'occasion de ce 35e vendredi consécutif de protestation contre le régime. De nombreux slogans hostiles à un projet de loi sur les hydrocarbures, accusé de brader la richesse nationale aux multinationales et qui suscite un tollé, ont également été entendus. Le général Gaïd Salah a accusé dans la semaine une partie des manifestants d'être payés avec "de l'argent sale" pour défiler et mis en garde ceux qui voudraient décourager l'"empressement" du peuple algérien "à participer massivement à la présidentielle". "Avec cette accusation, il (Gaïd Salah) tente de porter atteinte au +Hirak+", a expliqué dans le cortège Amar Medgueb, agent immobilier de 57 ans, car la mobilisation fait qu'"il n'a pas d'autre choix que de tenter de diviser le mouvement par tous les moyens". Dentiste de 35 ans, Hakim Bouaziz, fait la même analyse: "Le but de Gaïd Salah est de ternir l'image du mouvement (...) Il a recours à tous les artifices pour diviser les manifestants". "Il essaye aussi de faire croire que le Algériens iront voter massivement, c'est de la poudre aux yeux. Le peuple dit son mot chaque mardi (lors de la manifestation estudiantine hebdomadaire, ndlr) et vendredi. La réponse du peuple est celle-ci et il va la confirmer le 12 décembre", a-t-il dit. Jeudi soir, à l'appel des réseaux sociaux, le centre d'Alger a résonné 30 minutes durant aux sons de tambourinages de casseroles et de coups de klaxons, en solidarité avec les manifestants, militants, journalistes ou blogueurs incarcérés en lien avec le "Hirak". (Belga)